Derrière les tempêtes de neige et de glace qui ont balayé les États-Unis ces derniers jours se cacherait un affaiblissement du vortex polaire.
Quel lien existe-t-il entre la crise climatique et ces neiges épiques, cette pluie verglaçante et ce vent glacé qui ont balayé les États-Unis ces derniers jours ? Il y en a un, ou du moins il pourrait y en avoir un, même si cela peut sembler contre-intuitif.
La vague de froid arctique qui frappe la région du Midwest, les États du Sud et de l’Est des États-Unis, est une conséquence de l’affaiblissement du vortex polaire, une vaste circulation de vents froids qui se forme normalement au-dessus du pôle Nord. Voyons comment les changements climatiques pourraient avoir infléchi la « tenue » de ce système météorologique, et pourquoi cela se traduit par une morsure de froid record sur les États-Unis.
Vortex polaire : qu’est-ce que c’est et pourquoi il compte qu’il reste stable
Le vortex polaire est un anneau de vents forts qui soufflent dans le sens antihoraire et qui se forme chaque hiver au-dessus du Pôle Nord, à une altitude comprise entre 16 et 48 kilomètres. C’est une zone de basse pression, où la pression est inférieure à celle des zones environnantes, et il emprisonne l’air froid au-dessus de la région arctique, l’isolant de l’air plus chaud ambiant.
Quand le vortex polaire est stable, la ceinture de vents qui le confine, connue sous le nom de courant-jet polaire, se déplace vers le nord et retient l’air froid dans la région arctique. En revanche, lorsque le vortex polaire n’est plus stable, il cesse d’être un anneau pour devenir une bande plus allongée, ondulée et sinueuse, qui effleure aussi des régions plus au sud et laisse une partie du froid autrefois retenu se déverser vers les latitudes moyennes, notamment en Amérique du Nord.
Le voyage du gel du nord au sud
Cette déformation du vortex polaire serait à l’origine du gel mortel qui a paralysé le trafic aérien et sur route, provoqué la fermeture des écoles, porté les températures ressenties jusqu’à -45 °C et transformé les places en pistes de snowboard dans certaines parties des États‑Unis. Comme l’a expliqué à la BBC Brette Anderson, météorologue chez AccuWeather : « L’ondata de froid de début janvier et celle qui a caractérisé le 16 janvier sont essentiellement des fragments détachés du vortex polaire : c’est comme un gros morceau de glace qui se détache d’un glacier et dérive vers le sud dans la coulée, représentée par les vents de la courant-jet ».
Pourquoi le vortex polaire s’affaiblit ?
Selon le climatologue du MIT Judah Cohen, il existerait une relation forte entre les épisodes de déformation du vortex polaire, les événements météorologiques hivernaux extrêmes comme ceux observés ces jours-ci aux États‑Unis, et les changements climatiques. Pour Cohen, qui en 2025 a publié sur le sujet un article dans Science, l’instabilité du vortex polaire serait en partie liée à la perte de glace de mer dans l’Arctique due au réchauffement climatique causé par l’homme.
L’Artique se réchauffe aussi quatre fois plus rapidement que le reste du monde, et la fonte des glaces, notamment dans les mers de Barents (au nord de la péninsule Scandinave) et de Kara (au nord de la Sibérie), a rendu le vortex polaire plus allongé et plus variable, augmentant la probabilité de tempêtes hivernales d’ampleur record aux latitudes moyennes (y compris en Europe).
Dunque l’indebolimento del vortice polare est destinato à s’aggraver ? Non nécessairement. Pour Amy Butler, scientifique atmosphérique de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), les modèles ne montrent pas d’accord sur ce point et il est donc difficile de le prévoir. « Il y a beaucoup de facteurs qui peuvent modifier l’intensité du vortex polaire » explique-t-elle. « Le ghiaccio marino est l’un de ces facteurs : certains modèles suggèrent que la fonte de la glace de mer pourrait avoir un effet d’affaiblissement sur le vortex. En revanche, le réchauffement des couches supérieures de l’atmosphère peut potentiellement le renforcer. Des changements régionaux dans les températures de surface de l’océan pourraient également influencer le vortex ».