Conflit douanier avec les États-Unis
Comment l’Europe peut-elle devenir plus indépendante ?
Le conflit douanier qui éclate sans cesse avec les États-Unis met en évidence, de manière douloureuse, la dépendance de l’Europe. L’économiste Lars Feld explique pourquoi l’Europe doit se tenir debout par ses propres moyens.
La demande d’une plus grande autonomie européenne vis-à-vis des États-Unis se fait de plus en plus pressante. Spätestens seit US-Präsident Donald Trump immer wieder versucht, seine wirtschafts- und handelspolitischen Interessen mit Zöllen und Handelsbeschränkungen durchzusetzen, rückt die Frage nach Europas Eigenständigkeit in den Mittelpunkt. Le économiste Lars Feld affirme dans le podcast ARD Plusminus : Europe doit enfin assurer sa propre sécurité.
Bien que l’Europe soit déjà sur la voie du renforcement de ses capacités de défense conventionnelles, cela ne suffit pas. En fin de compte, l’Europe doit aussi prendre à sa charge la protection jusqu’à présent assurée par les armes nucléaires américaines.
La sécurité, talon d’Achille de l’Europe
Pour cela, un changement fondamental serait nécessaire. L’Union européenne devrait s’armer d’une souveraineté en matière de sécurité; les initiatives nationales devraient céder la place à des structures communes. Des États individuels – par exemple la France avec sa dissuasion nucléaire – devraient céder des compétences.
Ce n’est qu’après cela que l’Europe pourra agir sur un pied d’égalité sur le plan géopolitique. Feld résume: l’Europe est certes une puissance économique, mais en matière de sécurité, elle demeure un nain.
Un problème fait maison
L’économiste voit ce qu’il en est: ce diagnostic est aussi un problème fait maison. L’Europe s’est trop longtemps reposée sur la protection des États‑Unis et a profité du fameux « dividende de la paix » pour ne pas dépenser en défense.
D’anciennes mises en garde de Washington ont été ignorées. Désormais, cette complaisance se paie au prix fort — particulièrement dans le conflit douanier qui se ravive sans cesse.
Puissance Économique comme Contrepoids
Malgré toutes les dépendances, l’Europe n’est toutefois pas livrée sans défense face aux États‑Unis, rappelle Feld. En tant que l’un des plus importants marchés d’exportation pour les entreprises américaines, l’UE détient un pouvoir économique considérable. L’accès à ce marché représente un levier puissant, affirme-t-il. L’Europe ne doit pas tout subir.
Les réactions récentes face à la pression de Washington, il les juge pertinentes: menace de droits de douane réciproques, contre-mesures commerciales ou même gel temporaire d’accords.
Ne pas quitter le chemin de la diplomatie
Parallèlement, il ne faudrait pas négliger la diplomatie. Les discussions sur la scène internationale — notamment lors du Forum économique mondial à Davos — sont déterminantes pour éviter les escalades et négocier des solutions.
À plus long terme, l’Europe doit élargir ses relations commerciales, tisser de nouveaux partenariats et se montrer moins dépendante des États‑Unis. C’est le seul moyen de réduire progressivement la dépendance économique.
L’indépendance ne doit pas se payer par la dette
Plus d’autonomie européenne coûtera de l’argent. Le développement d’une défense autonome et l’investissement dans la compétitivité économique nécessitent des moyens financiers importants. Les financer uniquement par de nouvelles dettes serait dangereux, selon Feld.
La dette publique est déjà élevée dans de nombreux pays. Le dividende de la paix des dernières décennies a surtout été utilisé pour développer l’État-providence.
Réductions du filet social
Il faut modifier ce choix des priorités. La population doit être préparée à l’idée que tous les projets bien-aimés ne pourront pas être financés durablement. Sinon, à force d’endettement, de nouvelles crises financières pourraient ressurgir.
Pourtant, Feld reste fondamentalement optimiste. L’Europe dispose d’options et de marges de manœuvre. Le chemin vers plus d’indépendance est possible, mais il exige une unité politique, des choix stratégiques et la volonté d’entreprendre des réformes douloureuses. En regardant la réalité, cela pourrait encore prendre jusqu’à dix ans pour que l’Europe file droit dans cette direction.