Le réveil sonne, il est temps d’aller à l’école : après une demi-heure, votre adolescent est encore sous les couvertures et vous perdez patience. Si ce scénario vous est familier, vous n’êtes pas seuls : la plupart des jeunes n’arrivent pas à s’endormir tôt le soir et, par conséquent, à se lever tôt le matin.
Ne vous en prenez pas : la faute revient à la biologie, qui, pendant l’adolescence, modifie l’horloge interne des adolescents et les maintient éveillés tard. Le problème, c’est qu’il faut quand même aller à l’école : et si la solution consistait à retarder l’heure d’entrée à l’école ?
L’expérience de Zurich : quand l’horaire devient « à la carte »
Ce n’est pas la première fois que la science se pose cette question. Par le passé, plusieurs études l’ont fait, et désormais un groupe de chercheurs de l’université de Zurich a tenté de voir ce qui se passerait si les élèves pouvaient choisir d’entrer à l’école une heure plus tard. La recherche, publiée dans le Journal of Adolescent Health, s’est concentrée sur l’école secondaire de Gossau (Zurich), où depuis trois ans un système d’horaires flexibles est actif. Les étudiants peuvent choisir s’ils assistent aux cours facultatifs avant de commencer les cours normaux ou après, choisissant ainsi l’heure d’entrée à l’école entre les 7h30 et 8h30.
Plus de sommeil, de meilleures notes : les chiffres du succès suisse
Les résultats parlent d’eux-mêmes et confirment ce qui avait été observé précédemment : 95% des élèves ont choisi de décaler l’entrée d’environ 38 minutes par rapport à l’horaire classique (qui prévoyait une entrée pour tous à 7h20), gagnant en moyenne 45 minutes de sommeil en plus. Le repos accru a eu des retombées positives tant sur le bien-être des jeunes, qui ont déclaré s’endormir plus facilement le soir et se sentir mieux globalement, que sur la performance scolaire, avec des améliorations surtout en anglais et en mathématiques.
Et en France ? Entre des horaires plus propices et le risque de privation de sommeil
Une chose est certaine : en France, les lycées commencent généralement entre 8h et 8h30, ce qui signifie que nos élèves sont en moyenne plus reposés que leurs homologues suisses.
Les données sur le sujet varient beaucoup, avec certaines études plus positives évoquant en moyenne environ huit heures de sommeil par nuit, et d’autres, plus négatives, soulignant les difficultés d’endormissement des adolescents (à noter que Santé publique France recommande aux jeunes de 14 à 17 ans de dormir entre 8 et 10 heures par nuit).
Rendre les horaires d’entrée à l’école plus flexibles pourrait en fin de compte être une méthode valable pour réduire la privation de sommeil chronique chez les adolescents.