Moins de ressources, plus de générosité : le paradoxe des riches révélé par la science

Sommes-nous plus enclins à aider autrui lorsque nous nous trouvons dans un environnement pauvre ou dans un environnement riche en ressources ? À cette question, une série de trois études menées sur plus de 500 personnes a tenté de répondre, dont les résultats sont réunis dans une recherche conclue publiée dans Nature Communications.

Ce qui est ressorti est presque paradoxal: ceux qui vivent dans des environnements plus pauvres en ressources sont plus enclins à aider autrui que ceux qui vivent dans des environnements riches, où les opportunités abondent. «Des recherches antérieures avaient examiné jusqu’où les personnes étaient prêtes à aider, mais jusqu’à présent nous ignorions qu’un facteur clé résidait dans l’environnement et le contexte dans lequel elles se trouvent», explique Todd Vogel, coordinateur de l’étude.

Mets le film en pause et aide-moi ! Au cours des trois études, les chercheurs ont réparti les 510 participants en groupes correspondant à des environnements pauvres ou riches, et leur ont demandé de décider s’ils devaient s’arrêter de regarder un film pour aider un inconnu, en fonction de diverses opportunités: ceux issus d’environnements pauvres avaient peu de chances de recevoir une petite récompense; ceux issus d’environnements riches avaient de fortes chances de recevoir une grosse récompense.

Les participants qui acceptaient la proposition devaient mettre la vidéo en pause pour réaliser une activité « exigeante », comme serrer fortement un dynamomètre manuel ou cliquer sur de nombreuses cases.

Moins d’opportunités, plus d’altruisme. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce sont les participants qui avaient moins d’opportunités de recevoir une récompense – ceux qui évoluaient dans des environnements plus pauvres – qui se sont montrés les plus généreux envers autrui. «Si les personnes sont exposées à un grand nombre et à une haute qualité d’opportunités pour être aidantes, il est probable que cela les pousse à faire des choix plus sélectifs et réfléchis», explique Vogel.

Les résultats ont des implications concrètes pour la société: la prochaine étape consiste à approfondir le sujet en impliquant des groupes de personnes peu enclins à aider les autres, comme des adolescents présentant des comportements antisociaux et des adultes ayant des traits psychopathiques, afin de comprendre si, en modifiant l’environnement et les opportunités qu’ils rencontrent, leur attitude peut aussi changer.

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Avatar de Jerry Guirault
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