Adieu hémorragie interne ? Les pansements injectables à base d’argile arrivent

Chaque année environ 1,5 million de personnes meurent d’une hémorragie, souvent interne et due à des traumatismes graves. De nombreuses victimes perdent la vie dans les deux premières heures, rendant une intervention rapide cruciale. Si les pansements traditionnels restent efficaces pour les plaies superficielles, ils ne peuvent rien face aux saignements occultes. La solution pourrait venir de l’Université Texas A&M : bandages injectables à base d’argile synthétique, objet des études publiées dans Advanced Science et Advanced Functional Materials.

De l’Égypte ancienne à la nanotechnologie : le secret de l’argile

L’argile est un matériau peu coûteux, utilisé dès les temps anciens en Chine, en Mésopotamie, en Égypte, en Inde, en Grèce et à Rome, où l’on la mélangeait avec de l’eau pour obtenir une pâte à appliquer sur les plaies et bloquer l’écoulement du sang : certains minéraux argileux naturels contiennent en effet des particules à base de silicates qui peuvent accélérer la coagulation du sang.

Mousses et rubans intelligents qui réagissent à la chaleur

Le premier type de pansement injectable associe des nanoparticules de silicate à une mousse qui réagit à la chaleur corporelle : une fois injecté dans la plaie, le composé se dilate en scellant les vaisseaux sanguins et en maintenant en place les nanoparticules coagulantes.

Le second procédé prévoit quant à lui l’utilisation de structures en ruban recouvertes de nanosilicates. Chaque ruban est composé de deux matériaux différents, dont seul l’un réagit à la chaleur corporelle : au contact du patient, le ruban s’enroule. Plusieurs rubans qui s’enroulent simultanément forment une structure compacte semblable à une mousse.

Coagulation éclair en moins de 120 secondes

Les résultats sont prometteurs : les bandages injectables réduisent le temps de saignement d’environ 70 %, provoquant la coagulation du sang en 1 à 2 minutes (contre 6 à 7 minutes habituellement). L’idée des chercheurs est de parvenir à créer un dispositif simple à utiliser qui puisse aider la personne blessée juste après le traumatisme : « Si ces matériaux entraient dans les trousses de secours des ambulances et dans les sacs à dos des soldats, ils pourraient sauver de nombreuses vies », conclut Akhilesh Gaharwar, l’un des auteurs.

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