Si l’on pense à Paris, le premier mot qui nous vient à l’esprit n’est certainement pas « restrictions » : pourtant, dans la capitale des cafés et des quartiers animés, la loi interdit désormais toute publicité pour la viande et le poisson, ainsi que pour des produits et services liés à l’usage des combustibles fossiles.
La loi, en vigueur le 1er mai, comprend l’interdiction de faire de la publicité pour des vols à destination de lieux éloignés de la France comme Zanzibar ou New York, pour des voitures fonctionnant à l’essence ou au diesel, et pour des contrats domestiques de fourniture de gaz fossile. Si vous maîtrisez le néerlandais, vous pouvez lire le texte original ici ; sinon, sur le site de World Without Fossil Fuels, la traduction des points saillants est disponible en anglais.
La storia
En 2020, Amsterdam est la première ville au monde à proposer d’interdire la publicité sur des produits et services liés aux combustibles fossiles, mais cela se fait uniquement par le biais d’accords volontaires avec les opérateurs publicitaires, sans lois ni sanctions. Le véritable précédent légal arrive en 2024, lorsque la première véritable loi qui interdit la publicité des combustibles fossiles dans les espaces publics est adoptée. L’année suivante, l’association néerlandaise des agences de voyage et certaines compagnies touristiques déposent un recours devant les tribunaux, soutenant que l’interdiction viole la liberté d’expression et la réglementation européenne à la protection des consommateurs.
Mais le juge décide que la santé des citoyens et le climat prévalent sur les intérêts commerciaux et ainsi, après avoir été adoptée le 22 janvier 2026, la loi entre en vigueur le premier mai.
Selon Anneke Veenhof, femme politique néerlandaise parmi les principales porte-voix de la loi, la dépendance aux combustibles fossiles est une dépendance et, à ce titre, elle doit être traitée comme telle: « si vous cherchez à sortir d’une dépendance, ce n’est pas utile de la voir partout », affirme-t-elle.
Alcune precisazioni
Il faut noter deux éléments importants. Le premier est que l’interdiction n’est valable que dans les espaces publics tels que les bus, les bancs, les tramways ou les panneaux d’affichage routiers. Aucune interdiction dans les magasins privés et dans les canaux médiatiques comme les journaux, la radio et les plateformes en ligne.
Le second est que la loi interdit la publicité de produits ou services spécifiques, mais ne prohibe pas qu’une entreprise fasse la promotion de son image: par exemple, une compagnie aérienne ne peut pas acheter un espace sur un bus pour faire la promotion d’un vol vers Dubaï (Volez à Dubaï à partir de 199 euros l’aller), mais elle peut promouvoir son identité (Air France, porte-drapeau de la France depuis plus d’un siècle).
Pourquoi aussi viande et poisson ?
Outre les combustibles fossiles, Amsterdam dit non aussi à la viande et au poisson; les raisons principales sont trois – comme on l’a dit à maintes reprises, l’élevage intensif pèse fortement sur les émissions de gaz à effet de serre, les préoccupations pour le bien-être animal et les risques pour les humains liés à l’élevage intensif (zoonoses et résistance aux antibiotiques) et, dernier mais non des moindres, l’objectif que la ville s’est fixé d’atteindre un apport protéique 60 % d’origine végétale d’ici 2030.
Même en Italie
Même en Italie, des avancées se sont produites dans ce sens, bien que ce ne soit pas encore de véritables lois. Le 4 février, Florence est devenue la première ville italienne à adopter une motion qui interdit la publicité pour des produits et services liés à des sources fossiles dans les espaces publics, suivie le 21 avril par Gênes. Il faut désormais voir si cette déclaration d’intention se transformera en loi (et la chose n’est pas du tout acquise).