Après 25 ans de négociations, l’UE approuve l’accord de libre-échange avec le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay)


EU-Flaggen in Brüssel

Après 25 années de négociations
Les pays de l’UE approuvent l’accord Mercosur sur le libre-échange

Version: 09.01.2026 13:14

Des décennies de pourparlers ont abouti: l’UE donne son feu vert à la conclusion de l’accord de libre-échange controversé avec les États mercosur d’Amérique du Sud — Argentinie, Brésil, Paraguay et Uruguay. Lors d’une séance réunissant des représentants des États membres, la majorité requise a été obtenue.

Après plus de 25 ans de négociations, les États membres de l’UE ont approuvé la conclusion d’un accord de libre-échange avec les pays mercosur d’Amérique du Sud: l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay.

Les ambassadeurs de l’UE des 27 États membres ont voté à la majorité en faveur de l’accord. Le bloc Mercosur comprend désormais aussi la Bolivie. Le pays doit toutefois encore adapter ses règles avant de pouvoir bénéficier de l’accord de libre-échange. La nouvelle zone de libre-échange, regroupant plus de 700 millions d’habitants, devrait selon la Commission européenne devenir la plus grande de ce type au monde.

Concessions accordées aux agriculteurs européens

L’accord a été rendu possible grâce à de nouvelles concessions en faveur de l’agriculture, destinées à rassurer les représentants du secteur agricole. Ceux-ci considèrent que la concurrence des États du Mercosur menace l’existence même de l’agriculture européenne.

En Amérique du Sud, certains produits agricoles, comme le bœuf, peuvent être produits à moindre coût que chez nous. L’accord aurait dû être signé au Brésil peu avant Noël. La majorité nécessaire au Conseil de l’UE n’était toutefois pas réunie à l’époque, en raison de lier son accord à d’autres engagements en faveur des agriculteurs européens.

L’approbation italienne était nécessaire, car la France et la Pologne, deux autres grands États membres, s’étaient opposés à l’accord dans sa forme actuelle.

Approbation du Parlement européen nécessaireLe Parlement européen doit toutefois donner son accord à l’accord par la suite. On ignore encore s’il obtiendra une majorité. Par ailleurs, il est envisagé de demander l’avis de la Cour de justice de l’Union européenne sur la compatibilité juridique de l’accord. Une telle étape pourrait retarder la procédure de plusieurs mois, voire d’années.

Un signe adressé à Donald Trump

La nouvelle zone de libre-échange est aussi présentée comme un signe contre la politique protectionniste des droits de douane du président américain Donald Trump. Il est prévu de supprimer progressivement les droits de douane et les barrières commerciales entre l’UE et les États du Mercosur. L’industrie européenne bénéficie déjà depuis des années de la perspective de la conclusion de l’accord. La Commission européenne estime que l’accord pourrait augmenter jusqu’à 39 % les exportations annuelles vers l’Amérique du Sud (soit environ 49 milliards d’euros), soutenant plus de 440 000 emplois à travers l’Europe.

Des opportunités particulièrement importantes sont envisagées pour l’industrie automobile, la fabrication de machines et le secteur pharmaceutique. À titre d’exemple, les importations automobile vers les pays Mercosur supportent actuellement un droit de 35 %.

Des négociations qui ont duré un quart de siècle

Les pourparlers sur l’accord Mercosur avaient débuté dès 1999. La Commission européenne les avait ensuite clos en décembre 2024, malgré des critiques persistantes émanant notamment de pays comme la France. Récemment, le différend douanier entre l’UE et les États-Unis a apporté une nouvelle dynamique au processus. De nombreux États veulent désormais démontrer que l’époque d’un commerce loyal n’est pas révolue — et l’Allemagne fait partie des pays qui souhaitent avancer rapidement.

Les critiques du traité craignent toutefois que les agriculteurs européens soient confrontés à une concurrence par les prix sans merci et que la déforestation en Amérique du Sud ne s’aggrave. On soutient aussi que les normes strictes de l’UE en matière de sécurité alimentaire et de protection animale et végétale pourraient être affaiblies. La Commission européenne rejette fermement ces allégations et affirme que seuls des produits conformes aux normes européennes approfondies pourraient être importés en UE.

Signature au Paraguay

La signature de l’accord est désormais programmée au Paraguay, qui assure actuellement la présidence tournante du Mercosur. De l’UE, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil, António Costa, se rendront dans le pays d’Amérique du Sud pour la cérémonie. Après l’accord, il restera à obtenir une décision écrite pour la signature et la conclusion formelle de l’accord. Cela est toutefois considéré comme une simple formalité.

L’économie française se félicite aussi

L’économie française, tout comme d’autres économies européennes, accueille l’accord avec un certain soulagement: «L’adoption du Mercosur représente une étape majeure pour l’économie française et européenne», a déclaré la directrice générale du MEDEF. Cet accord démontre que l’UE peut être un acteur géostratégique pertinent.

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