Pour la première fois, une étude internationale publiée dans Nature Climate Change a estimé combien de glaciers disparaîtront d’ici la fin du siècle, en simulant trois scénarios de réchauffement climatique : +1,5 °C, +2 °C et +4 °C par rapport aux niveaux préindustriels.
Même dans le meilleur des cas, avec une augmentation (pour de nombreux experts désormais utopique) de 1,5 °C, la moitié des glaciers disparaîtrait. Dans le pire scénario, avec +4 °C, il n’en resterait pas plus d’un dixième.
Glaciers alpins à moitié disparus (dans le meilleur des scénarios). La situation la plus défavorable se rapproche effectivement de chez nous: avec un réchauffement climatique de +1,5 °C, il ne resterait que 430 glaciers alpins sur les 3 000 actuellement recensés dans l’arc alpin européen; à +2 °C, ils descendraient à 270, et avec +4 °C, il n’en resterait que 20. À l’échelle mondiale, le tableau est similaire: en limitant le réchauffement à +1,5 °C, 100 000 glaciers survivraient, tandis qu’avec +4 °C le chiffre chuterait à 18 000.
Pic d’extinction des glaciers.
Les chercheurs ont forgé le terme Peak Glacier Extinction, c’est‑à‑dire le pic d’extinction des glaciers, le moment où la perte annuelle de glaciers atteindra son maximum.
Avec un réchauffement climatique de +1,5 °C, nous atteindrions ce point de non-retour en 2041, lorsque nous perdrions environ 2 000 glaciers en une année. Avec +4 °C, le pic se décalerait à 2055, mais les glaciers disparus s’élèveraient à 4 000.
La raison de ce paradoxe (à première vue) réside dans le fait que, avec des températures plus élevées, ne disparaissent pas seulement les petits glaciers, mais aussi les grands, qui mettent plus de temps à fondre complètement. Lorsqu’ils s’effondrent toutefois, la quantité de glaciers qui disparaît au cours de la même année double.
Chaque 0,1 °C compte. Le message est clair : même si ralentir le réchauffement climatique ne mettra pas fin à la fonte des glaciers, chaque dixième de degré compte.
Limiter le réchauffement climatique à +1,5 °C réduirait drastiquement les pertes. «Les résultats soulignent à quel point il est urgent de prendre des mesures climatiques ambitieuses», affirme Daniel Farinotti, l’un des auteurs de l’étude.