Autre araignée dans le mur : découverte de l’araignée des Pink Floyd qui chasse des proies géantes

Pikelinia floydmuraria : c’est le nom évocateur d’une nouvelle espèce d’araignée découverte en Colombie par un groupe de chercheurs de plusieurs universités d’Amérique du Sud. Évocatif car il porte un double sens : « floyd » fait référence aux Pink Floyd, tandis que « muraria » renvoie d’une part à ce qui est peut-être l’album le plus connu du groupe anglais, The Wall, et d’autre part à l’attitude de vie de cette araignée, capable d’ingérer des proies jusqu’à six fois plus grosses que lui.

La nouvelle espèce est décrite dans une étude publiée dans Zoosystematics and Evolution : il s’agit de la deuxième espèce dont le nom est inspiré des Pink Floyd, après l’écrevisse homonyme dont nous vous avions parlé ici.

Qu’est-ce qu’une Pikelinia ?

Partons de loin : Pikelinia floydmuraria appartient à la famille des Filistatidae, connues en anglais sous le nom de crevice weaver – où weaver signifie simplement « tisserand » et crevice, c’est-à-dire « fissure », permet d’entrevoir où ces araignées tissent leurs toiles.

Les Filistatidae sont répandues dans le monde, de l’Asie à l’Australie, de l’Afrique à l’Amérique du Nord; le genre Pikelinia, en revanche, se trouve exclusivement en Amérique du Sud, avec la majorité des espèces réparties entre l’Argentine et le Brésil.

Pikelinia floydmuraria a été retrouvée en Colombie, dans le département de Tolima, et il n’a pas été facile de la découvrir : cette araignée mesure environ 3–4 mm, et le fait qu’elle construise ses toiles dans des fissures, des craquelures et des interstices la rend encore plus difficile à dénicher.

Elle est toutefois aussi une araignée sinanthrope, c’est-à-dire qu’elle vit en étroite proximité avec l’homme, et c’est ce qui la rend intéressante pour nous aussi : son régime alimentaire comprend notamment des fourmis, des mouches, des moustiques et d’autres insectes plus ou moins gênants, et Pikelinia floydmuraria pourrait donc jouer un rôle important dans le maintien de leur population sous contrôle.

Une araignée vorace

L’importance de Pikelinia floydmuraria comme « insecticide » est aussi liée à son efficacité prédatrice : tous les insectes cités ci-dessus sont plus gros que lui, jusqu’à six fois plus gros, et pourtant cette araignée n’a aucun mal à les capturer et à les dévorer. Selon les auteurs de l’étude, elle aurait aussi développé une tactique de chasse urbaine : elle tisse ses toiles près des éclairages artificiels, qui attirent une grande quantité d’insectes.

Nous n’avons pas encore d’idée, toutefois, de la véritable « puissance » de Pikelinia floydmuraria dans le contrôle des insectes nuisibles : le potentiel existe, comme le démontre l’étude, mais des analyses supplémentaires seront nécessaires pour quantifier l’impact de cette araignée.

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Avatar de Jerry Guirault
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