Bonne nouvelle : la révolution des voitures électriques en Chine aurait sauvé 262 000 vies

Cela fait désormais dix ans que les véhicules électriques sont devenus une alternative crédible aux modèles fonctionnant aux combustibles fossiles. Il est temps de tirer les premières conclusions sur les effets (positifs) de la transition vers l’électrique sur la pollution: une étude publiée dans Nature Health l’a fait, en analysant 150 villes chinoises et en révélant non seulement une chute des niveaux de deux polluants majeurs, mais aussi une baisse du nombre de décès attribuables à la pollution.

Air plus propre

En 2025, la Chine, premier pays mondial pour la production et la vente de véhicules électriques (« EV »), a vu les ventes de voitures électriques dépasser la moitié du total. En analysant la qualité de l’air dans 150 villes, l’étude relève une diminution de plus de 30% du monoxyde de carbone et près de 24% des particules PM2,5 par rapport à un scénario où seuls des véhicules à combustion circuleraient. Les chercheurs estiment qu’un air plus pur a permis d’éviter environ 262 000 décès prématurés liés à la pollution atmosphérique.

Motivi morti Cina

Le problème du dioxyde d’azote

L’étude chinoise a toutefois constaté une réduction du dioxyde d’azote (NO2) d’à peine 7,92% par rapport au scénario sans EV.

Pour expliquer ce chiffre, explique à Nature Enrico Ferrero, physicien de l’atmosphère, le NO2 est chimiquement plus complexe: il ne provient pas directement des pots d’échappement, mais se forme lorsque le monoxyde d’azote émis par les moteurs réagit avec l’ozone déjà présent dans l’atmosphère. Supprimer les véhicules à combustion ne suffit donc pas à résoudre le problème.

Le rôle des émissions non liées à l’échappement

L’étude suppose en outre que la réduction du monoxyde de carbone a été plus marquée que celle des oxydes d’azote ou d’autres polluants probablement en raison du type de véhicule électrique le plus répandu en Chine, les voitures compactes.

Ces véhicules émettent en effet davantage de monoxyde de carbone que les véhicules lourds comme les camions ou les bus, qui produisent plutôt de plus fortes quantités d’oxydes d’azote et de particules. Si l’étude avait intégré une part plus importante de véhicules lourds électriques, on aurait probablement observé des baisses plus significatives de ces polluants qui restent aujourd’hui parmi les plus difficiles à réduire.

Un autre aspect à considérer est que les véhicules plus grands et plus lourds (camions, SUV ou bus), qu’ils soient électriques ou non, génèrent des émissions hors échappement importantes — les particules liées à l’usure des freins, des pneus et de l’asphalte, qui échappent totalement à la logique de la transition électrique.

Dans les régions les moins développées du pays, accélérer l’électrification des véhicules lourds et du transport commercial constitue donc une étape cruciale pour réduire encore les émissions polluantes liées au trafic routier.

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