Comment apprendre à gérer l’attente : stratégies et conseils pour mieux patienter

Apprendre à attendre signifie savoir apprécier la valeur des choses, développer des capacités d’autocontrôle, reconnaître les besoins des autres ; cela permet à l’enfant de réfléchir, de faire des choix et d’évaluer ce qui se passe autour de lui.

L’importance de préparer l’environnement

Il y a plus d’un siècle, Maria Montessori écrivait des pages merveilleuses sur l’éducation à la conscience de la communauté, la valeur de l’attente et de la patience, et elle s’efforçait de concevoir un environnement propice à enseigner ces qualités. En entrant dans une classe Montessori, on peut voir un coin peinture avec un seul pinceau, une tour rose, une poupée unique, un plateau pour le découpage, etc. Pourquoi proposer du matériel en exemplaire unique dans les écoles ? Parce que cela favorise le travail en autonomie, la concentration, l’apprentissage personnalisé, et permet d’expérimenter et de vivre l’attente, la patience, le calme, le respect et la responsabilité sans que l’adulte ait besoin de leur faire des leçons.

En accédant à une activité, l’enfant sait qu’il peut la réaliser tranquillement, en déterminant seul le rythme. Si un autre enfant veut faire la même activité, il devra attendre que celle-ci soit disponible. Chacun apprend à attendre. Au début, l’enseignant devra supporter l’immaturité de l’enfant dans la gestion de la frustration ou du désir immédiat. Cette façon de gérer les activités n’exclut pas le travail collectif ou la coopération : quand ils naissent spontanément, les enfants peuvent « faire ensemble ».

La coopération est encouragée et favorisée, mais jamais imposée. Aujourd’hui, dans certains ateliers, écoles ou foyers, on voit souvent trois enfants, trois ciseaux, ou quatre poupées pour quatre filles. Pourtant, les adultes et les éducateurs demandent que les enfants soient patients, respectueux, calmes. Comment est-ce possible ? L’enfant vit dans un environnement où tout est immédiatement accessible, tout en devant apprendre à attendre. C’est très difficile ! Le moment de l’attente devient alors une occasion de réflexion, et réfléchir aide à faire de meilleurs choix et à se préparer. L’enfant qui obtient ce qu’il désire avec patience, dévouement et effort renforcera sa confiance en lui et son estime personnelle.

L’attente comme moment de réflexion

Les protestations de l’enfant peuvent souvent effrayer le parent, le faire se sentir sévère, injuste ou « mauvais ». Dire : « Je veux voir un dessin animé ! », « Je veux manger ! », « Je veux partir ! » ou « Je veux sortir ! » et répondre : « Tiens, attends un peu, ça ne va pas tarder » n’est pas une faute, mais un acte éducatif qui demande de l’engagement, de la patience et la capacité à gérer la frustration que l’enfant peut exprimer.

L’enfant apprend à se coordonner en marchant, à découper en maniant les ciseaux, à se nourrir lui-même, à socialiser en étant avec d’autres enfants, et peut aussi apprendre à attendre. Éduquer à l’attente, c’est enseigner l’autocontrôle, le respect des autres et la compréhension de leurs besoins. Il faut adapter l’environnement afin qu’il devienne un espace éducatif pour apprendre à attendre, aider les enfants à gérer la frustration de ne pas tout avoir immédiatement, grâce à l’accueil, l’écoute et l’exemple.

Le temps de l’attente n’est pas du temps perdu ni le signe d’une mauvaise organisation familiale, mais plutôt une précieuse opportunité éducative que les parents choisissent en conscience. Les enfants observent beaucoup les adultes, qui fascinent par leurs compétences et leurs capacités. C’est pourquoi les parents, tout comme les enseignants, ont la responsabilité de veiller au « modèle » qu’ils offrent aux enfants. Ce qu’ils font est ce que l’enfant assimilera comme enseignement. Surtout durant les premières années de vie, il est essentiel d’être attentif à chaque détail du langage, des gestes et des attitudes envers les autres, les objets ou les animaux, car l’esprit des enfants absorbe tout, et se construit à partir des expériences. Maria Montessori imaginait un adulte patient et humble, capable d’être présent sans envahir l’enfant, d’observer, aider si nécessaire, se retirer ou parler selon les besoins.

Quelques conseils pour se comporter

La télévision

Il est conseillé de proposer aux enfants, s’ils souhaitent regarder la télévision, de limiter cette activité à des moments courts, occasionnels. On peut choisir quelques plages dans la semaine, en s’aidant d’un calendrier que l’on aura fabriqué soi-même, dans lequel la diffusion télévisée est programmée. Cela permet à l’enfant de s’orienter dans l’espace, de développer son auto-régulation, et de comprendre que la télévision peut être allumée ou éteinte selon des règles claires.

La chambre de l’enfant

On peut sélectionner peu d’objets, de beaux jouets soignés, intéressants et bien rangés, pour permettre à l’enfant de vivre dans un environnement stimulant mais pas envahissant ou chaotique. En ayant peu de jeux, l’enfant se construit des espaces pour la créativité, l’approfondissement et l’exploration, tout en ayant une vision claire de ce qui lui appartient.

Lorsque deux adultes parlent, ils peuvent demander à un enfant qui souhaite intervenir d’attendre son tour. Puis, une fois sa parole donnée, lui consacrer toute l’attention qu’il mérite. Cela lui fera se sentir important, comme c’est le cas pour ses parents et ses éducateurs.

Les frères et sœurs

Une seule bicyclette, une seule balle, une seule poupée : il n’est pas toujours nécessaire d’avoir deux exemplaires de chaque chose pour deux ou trois enfants. Parfois, pour des raisons économiques, c’est inévitable ; cela peut aussi être une démarche éducative. Pour enseigner le partage, la relation, l’attente, il faut créer des occasions de vivre ces expériences, afin que les enfants apprennent à coopérer, à attendre et à partager.

Article pensé et écrit par :
Avatar de Julie Ménard
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