L’infarctus pourrait être déclenché par une infection : les plaques présentes dans les artères coronaires peuvent dissimuler des agrégats de bactéries invisibles et potentiellement dangereuses.
Ce qui peut provoquer un infarctus du myocarde, c’est-à-dire la mort partielle du tissu du muscle cardiaque due à une obstruction d’une artère coronaire, pourrait aussi être lié à une infection : selon une étude publiée dans le Journal of the American Heart Association, les plaques qui bouchent les artères pourraient cacher des bactéries en sommeil, capables de se réveiller et de causer des dommages.
Cholestérol et plaques d’athérome
Jusqu’à présent, on pensait que seuls les lipoprotéines de basse densité (LDL, souvent désignées comme le « cholesterol mauvais ») étaient responsables de la formation des plaques obstruant le flux sanguin dans les artères et augmentant le risque d’infarctus. Ces lipides ont pour rôle de transporter le cholestérol synthétisé par le foie vers les différentes cellules du corps. Cependant, lorsque leur concentration devient excessive, elles se déposent sur la paroi des artères, entraînant un épaississement et un durcissement de celles-ci. On parle alors d’athérosclérose, une pathologie qui peut conduire à la formation de plaques susceptibles de bloquer ou de rétrécir le passage du sang riche en oxygène.
Un refuge pour les bactéries
La participation des bactéries à la genèse des infarctus est une hypothèse qui existait depuis longtemps, mais sans preuves concrètes. Un groupe de chercheurs issus d’universités finlandaises et britanniques a mis en évidence la présence de l’ADN de plusieurs bactéries provenant du microbiote buccal dans les plaques d’athérome de patients décédés ou ayant subi des interventions pour déboucher leurs artères obstruées.
Pour vérifier cette découverte, les scientifiques ont exposé ces plaques à des antibiotiques ciblant les bactéries identifiées. Ils ont constaté que les microorganismes avaient formé des agrégats appelés biofilms au sein du tissu artériel. Il semblerait que ces plaques d’athérome protègent ces biofilms de la réaction du système immunitaire et des traitements antibiotiques pendant des années, rendant leur détection difficile et leur élimination complexe.
Inflammation et formation de caillots
Une infection virale ou tout autre événement générant un stress pour l’organisme peut réactiver ces biofilms et entraîner une multiplication des bactéries. La réponse immunitaire, en tentant de combattre l’infection, peut alors engendrer une inflammation qui fragilise la plaque de cholestérol LDL, rompant sa stabilité. Cela peut favoriser la formation de thrombus, autrement dit des caillots sanguins qui obstruent les vaisseaux et empêchent le passage du sang, provoquant ainsi un infarctus.
Un vaccin contre l’infarctus ?
Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour intervenir rapidement en cas d’infarctus. Elle soulève également une idée séduisante : celle de réduire le risque d’infarctus en utilisant des vaccins capables de prévenir l’installation ou la persistance des agents infectieux dans les artères, et ainsi limiter leur rôle dans la formation des plaques et l’émergence des crises cardiaques.