Communiqué sur la grève du 16 avril 2026

Jeudi 16 avril 2026, une grève nationale des journalistes est organisée. Vous l’avez sans doute vue un peu partout : les sites d’information ne sont pas actualisés ou le sont très peu. Une partie des rédactions de Info Utiles et Info Utiles Histoire s’est également jointe à cette mobilisation. Nombre des nouveaux contenus que vous trouvez aujourd’hui sur le site Info Utiles ont été écrits et préparés avant la grève et planifiés pour être publiés pendant cette journée, comme nous le faisons en moyenne chaque jour.
Nous publions, comme prévu par l’article 34 de la Convention Collective Nationale du Journalisme, un communiqué syndical de la Fédération Nationale de la Presse Française (FNPF, le syndicat unitaire des journalistes) relatif à la négociation pour le renouvellement du contrat de travail journalistique national, qui est le motif de cette grève.
Puis suivra le communiqué de la Fédération Française des Editeurs de Presse (FFEP, qui représente les principales entreprises éditrices de journaux quotidiens, périodiques, agences de presse et titres numériques) sur le même sujet.

Les journalistes français font grève aujourd’hui pour la troisième fois. Nous ne le faisons pas à la légère, mais nous jugeons nécessaire d’informer les lecteurs, la société et les décideurs politiques de ce qui se passe dans notre secteur, aussi fondamental pour la démocratie que fragile.

Le contrat conclu avec les éditeurs de la FFEP pour réguler le travail des journalistes salariés est expiré depuis 10 ans, et pendant ces années les éditeurs ont bénéficié d’aides publiques, tandis que nos salaires ont été érodés par l’inflation. Il n’existe aucune règle pour l’usage de l’intelligence artificielle et pour la juste rémunération des auteurs des contenus cédés aux plateformes et services OTT.

Et c’est encore pire pour les milliers de collègues pigistes et travailleurs indépendants qui, depuis des années, attendent l’établissement d’une rémunération équitable et se retrouvent sous le seuil de pauvreté.

Les éditeurs ont assuré des baisses du coût du travail en recourant à des pratiques de dumping contractuel via l’usage intensif du travail précaire.

Par notre travail et nos sacrifices quotidiens, nous sommes les actionnaires majoritaires de nombreuses entreprises d’édition.

Pour la Fédération nationale de la presse française, dignité et avenir de l’information passent par le renouvellement de la convention, le rattrapage salarial et la défense des droits qui ne sont pas des privilèges, mais le moyen de résister aux menaces, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des rédactions. La dignité de notre travail pèse fortement sur la qualité de l’information qui vous parvient, citoyens.

 

Pour cela, nous estimons aussi que le secteur doit être financé davantage et mieux, que les financements ne puissent pas détruire et aplatir l’information, mais ramener les revenus vers les titres. Nous, journalistes, sommes prêts à en discuter et à échanger. Mais les éditeurs ?

Fédération Nationale de la Presse Française

Les éditeurs de la Fédération Française des Editeurs de Presse, dès le début des discussions pour le renouvellement du contrat, ont exprimé la nécessité d’un changement substantiel des règles contractuelles afin de retrouver efficacité et productivité et permettre d’affronter correctement les nouveaux défis du marché, traversé par une révolution technologique majeure.

Il s’agit en effet d’appliquer un contrat national du travail plein de rigidités, de contraintes et d’instituts désormais insoutenables qui entravent la compétitivité et aggravent la situation économique des entreprises, représentant par ailleurs une barrière à l’entrée des nouvelles compétences.

Il ne peut certainement pas être considéré comme facteur de développement un contrat qui prévoit, à titre d’exemple, 40 jours par an entre congés et permissions, le paiement d’une indemnité pour d’anciens jours fériés supprimés 50 ans plus tôt, des majorations pour le travail dominical et férié bien au-delà de la moyenne des autres conventions nationales ainsi que la reconnaissance d’échelons d’ancienneté en pourcentage sur la rémunération garantissant largement le rattrapage de l’inflation.

Les éditeurs veulent retrouver des conditions de viabilité économique pour ne pas nuire davantage tant aux entreprises qu’aux professionnels. À cette fin, ils ont proposé au syndicat d’affronter le défi de la modernisation complète du contrat et d’introduire des règles spécifiques pour favoriser l’insertion de jeunes professionnels, comme déjà expérimenté avec succès lors du dernier renouvellement du contrat signé avec le même syndicat. Les éditeurs ne se sont jamais dérobés au dialogue ni n’ont jamais quitté la table des négociations et réaffirment leur disponibilité à poursuivre les discussions pour le renouvellement du contrat.

Article pensé et écrit par :
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