Publié, comme prévu par l’article 34 de la Convention collective nationale de la profession de journaliste, un communiqué syndical de la Fédération Nationale de la Presse Française (FNPF, le principal syndicat des journalistes) relatif à la négociation pour le renouvellement du principal contrat de travail national des journalistes.
A suivre, le communiqué de la Fédération Française des Editeurs de Journaux (FFEJ), qui représente les entreprises éditrices de journaux et de médias numériques.
Le journalisme est un pilier fondamental de la vie démocratique de notre pays, mais la qualité de l’information se dégrade.
Les éditeurs n’ont pas saisi les opportunités offertes par la transformation numérique du secteur et, face à la crise des médias traditionnels, ils ont choisi de réduire le coût du travail.
La diminution des effectifs des rédactions et des salaires des journalistes par des licenciements, des états de crise récurrents avec les congés spéciaux et des milliers de préretraites, ainsi que la paralysie des négociations, ont séché l’offre d’informations et ont des répercussions négatives sur le pluralisme et sur le droit des citoyens à être informés.
Pour ces raisons, les journalistes ont proclamé une grève nationale le 28 novembre pour protester contre le non-renouvellement de la convention collective nationale des journalistes entre la Fnsi et la Fieg, en vigueur depuis plus d’une décennie.
Ils estiment qu’au-delà du journalisme, le développement de l’information nécessite un nouvel accord avec les éditeurs tenant compte de la perte du pouvoir d’achat due à l’inflation, favorisant l’entrée des jeunes dans les rédactions, et garantissant des droits et des rémunérations adaptés aux milliers de pigistes et de correspondants – souvent précaires – qui racontent chaque jour ce qui se passe dans nos villes.
Le nouveau contrat ne doit laisser personne de côté, protéger les acquis, prévoir de nouvelles formes professionnelles et s’intéresser à l’intelligence artificielle et à une rémunération équitable pour les contenus diffusés sur le web.
La grève, qui sera précédée le jour précédent, le 27 novembre, par une manifestation place de la République à Paris, n’a pas de motivations politiques, mais elle vise à rappeler qu’une information de qualité n’est possible que grâce à des journalistes professionnels, libres et protégés, comme tous les travailleurs de notre pays, et que leurs droits et leurs rémunérations doivent être assurés par le renouvellement du contrat de travail.
Fédération nationale de la Presse française
Le communiqué de la Fédération Française des Editeurs de Journaux.
Au cours de la dernière décennie, malgré la chute des revenus qui a affecté la presse écrite dans le monde, les éditeurs ont largement investi dans les entreprises afin de garantir une information de qualité et de sauvegarder l’emploi.
Dans ce contexte, le contrat de travail des journalistes est figé par des modèles organisationnels dépassés par l’évolution technologique: rigidité économique et légale, coût élevé et même des situations paradoxe – comme le paiement d’anciennes journées fériées abrogées par une loi de 1977 – imposent des réformes significatives.
Pourtant, ces dernières années, le système coûteux des augmentations en pourcentage prévu par le contrat – désormais une singularité – a en grande partie assuré le pouvoir d’achat des journalistes.
Malgré l’absence de dispositions de la part des syndicats pour innover, les entreprises éditoriales ont formulé une offre économique importante.
Les éditeurs considèrent donc que la position de la Fnsi consistant à rejeter l’offre et à appeler à la grève dans un contexte déjà difficile est peu constructive; appelant au sens des responsabilités des journalistes, ils escomptent une confrontation plus réaliste sur les défis qui agissent aujourd’hui le monde de l’édition et la profession journalistique.
Fédération Française des Editeurs de Journaux