Les chats griffent – peut-être l’avez-vous remarqué si vous en avez un. Ils griffent les canapés, les chaises, les coussins et tout ce sur quoi ils peuvent faire leurs griffes: c’est une part de leur personnalité, et pourtant de nombreuses personnes n’apprécient pas ce comportement, et pour éviter des dégâts matériels et des personnes on leur coupe les griffes. Une solution temporaire, étant donné la rapidité avec laquelle elles repoussent, et d’ailleurs dans certains pays du monde, notamment le Canada et les États-Unis, est encore répandue l’onicectomie ou declawing, une solution chirurgicale définitive au « problème » des griffes.
Eh bien, une étude publiée dans le Scientific Reports explique désormais de manière sans équivoque pourquoi le declawing devrait être interdit dans toutes les situations, car il condamne les chats à une vie de douleur chronique et des dommages neurologiques.
Interdit en Europe. Si vous nous lisez depuis la France, vous pouvez être rassurés car cette pratique cruelle ne nous concerne pas: dans notre pays (et dans le reste de l’Europe) la pratique du declawing est interdite par la loi depuis 2010, qui a ratifié les dispositions de la Convention européenne pour la protection des animaux de compagnie.
Qu’est-ce que le declawing ? En Canada et aux États-Unis, au contraire, le declawing est encore pratiqué régulièrement, souvent en coincident avec la procédure de stérilisation de l’animal; et il existe encore des chercheurs qui soutiennent que, malgré la douleur, cette pratique pourrait sauver la vie des chats.
Mais en quoi consiste l’onicectomie ? Il ne s’agit pas simplement de couper les griffes: la griffe des chats pousse à partir du tissu de la troisième phalange de la patte, et pour arrêter sa croissance il faut donc amputer tout l’os. On parle des phalanges de toutes les doigts, parfois uniquement des pattes arrière, parfois sur toutes les quatre: ainsi, le chat se retrouve sans griffes pour le reste de sa vie.
Une vie de douleur. L’étude du GREPAQ (Groupe de recherche en pharmacologie animale du Québec) de l’université de Montréal a analysé une colonie de chats soumis à declawing, examinant leur réaction à la douleur après l’opération. L’analyse a révélé que tous les chats à qui l’on a coupé les griffes ont subi une forme de dommages permanents: les nerfs des pattes sont endommagés, les animaux présentent une sensibilité accrue à la douleur et peinent aussi à bouger.
Conséquences à vie. Le fait de vivre sans une partie de la patte perturbe le système nerveux des chats, qui dès leur plus jeune âge doivent cohabiter avec une situation artificielle: ils en viennent ainsi à développer une forme de fatigue chronique qui nuit à leur bien-être pour le reste de leur vie.
En somme, « couper les griffes » aux chats les condamne à une vie de souffrance, et la pratique du declawing devrait être bannie sans condition.