De 10 à 12,5 % supplémentaires : les États‑Unis menacent de nouveaux droits de douane, l’UE aussi


Containerschiff vor der Skyline von New York.

Dix à douze virgule cinq pour cent supplémentaires
Les États-Unis menacent d’imposer de nouveaux droits de douane – y compris envers l’UE

Date: 03/06/2026 • 15:52

Les autorités américaines menacent de droits de douane supplémentaires pour de nombreux partenaires commerciaux – y compris l’Union européenne. L’accusation: ils n’auraient pas suffisamment empêché le commerce de produits issus du travail forcé. L’UE conteste ces accusations.

Les États-Unis ont menacé d’imposer de nouveaux droits de douane à 60 économies, parce qu’elles n’auraient pas empêché ni suffisamment contrôlé l’importation de produits issus du travail forcé, ou n’auraient pas appliqué des interdictions à l’importation de ces biens. Le Bureau du représentant au commerce des États-Unis l’a communiqué.

Selon ce document, l’Union européenne, le Royaume-Uni et la Suisse, ainsi que des pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, ainsi que le Canada et la Chine, pourraient être soumis à des droits de douane additionnels compris entre 10 et 12,5%.

Le gouvernement allemand met l’accent sur les accords commerciaux

« Il est inacceptable que nos principaux partenaires commerciaux n’agissent pas contre l’importation de biens fabriqués au moyen de travail forcé. Cela pousse les travailleurs américains à concourir, à l’échelle mondiale, dans des conditions de concurrence inéquitables », a déclaré le représentant au commerce Jamieson Greer, selon le communiqué. « Nous n’accepterons plus cette inégalité. »

L’UE et de nombreux gouvernements répliquent. Le président de la Commission du commerce au Parlement européen, Bernd Lange, a qualifié ces accusations d’un point de vue fondamental d’absurdes. Le gouvernement fédéral a indiqué avoir pris connaissance des développements sans pouvoir les évaluer définitivement pour l’instant; il s’agit vraisemblablement d’une étape d’enquête, selon ses propos.

La coalition au pouvoir en Allemagne veut, après ces menaces tarifaires venues de Washington, focaliser ses efforts sur la mise en œuvre de l’accord commercial déjà conclu avec les États‑Unis, qui a été approuvé mardi par la commission du commerce du Parlement européen. « Nous sommes sur la bonne voie », a affirmé Meyer. Le gouvernement est optimiste quant à la finalisation de l’accord et à son entrée en vigueur. Il n’y a aucun doute que les dispositions de l’accord seront applicables.

Les accusations sont tout simplement infondées

« Pour nous, tout ce qui dépasse les 15 pour cent établis dans les discussions avec l’Europe est inacceptable », a déclaré Lange, revenant sur la critique adressée à la nouvelle démarche américaine. « Les États‑Unis semblent rechercher désespérément une nouvelle base juridique. On a de plus en plus le sentiment que, d’abord, des tarifs seront imposés et ensuite on cherchera une justification adaptée. » La Cour suprême des États-Unis avait jugé illégales, en février, de nombreuses taxes spéciales imposées par l’administration américaine.

« Les accusations sont tout simplement infondées », a poursuivi Lange. « En 2024, l’Union européenne a adopté les règles les plus strictes et les plus avancées au monde, interdisant la mise sur le marché et l’exportation de produits fabriqués grâce au travail forcé. »

La Commission européenne a aussi déclaré que les accusations américaines manquaient de fondement. L’UE réaffirme son attache­ment à l’accord commercial. Le ministère de l’Économie suisse a insisté sur le fait que les pratiques en Suisse ne pénaliseront pas l’industrie américaine. Le gouvernement britannique a indiqué qu’il agirait contre le travail forcé. Pékin s’est déclaré opposé à toute forme de tarifs unilatéraux et affirmé qu’il n’existe pas de travail forcé en Chine.

Audition sur les accusations le 7 juillet

Le représentant américain au commerce s’en tient à une enquête lancée le 12 mars, selon le communiqué. Cette enquête viserait le « manquement de nombreuses économies à établir et à faire respecter une interdiction d’importation des biens fabriqués sous travail forcé ».

Dix pour cent est destiné à l’Union européenne, au Canada, à l’Indonésie, au Mexique, à l’Argentine et au Royaume‑Uni. quarante‑cinq États devraient payer 12,5 pour cent, dont la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et la Nouvelle‑Zélande. Toutefois, les droits de douane ne seraient pas appliqués immédiatement. Des observations peuvent être formulées jusqu’au 6 juillet, une audience est prévue le 7 juillet.

Par ailleurs, cette démarche des États‑Unis vient aussi entacher les discussions commerciales en cours avec l’Inde. Selon un rapport américain, la politique de l’Inde serait jugée inappropriée et constituerait une charge pour le commerce américain. Le document décrit l’Inde comme un intermédiaire dans des chaînes d’approvisionnement du coton liées au travail forcé chinois.

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