US-Zoll-Urteil
« Trumps Erpressungspotenzial fällt weg »
Le président américain Donald Trump n’a pas caché son agacement devant la décision de la Cour suprême sur les droits de douane. Il n’avait pas anticipé qu’un tribunal lui imposerait des limites, déclare Kerstin Klein, correspondante ARD. Cette décision pourrait avoir des répercussions sur la politique étrangère américaine.
Quelques heures seulement après la décision sur les droits de douane du plus haut tribunal, le président américain Donald Trump est apparu devant la presse, visiblement ému et déçu par la décision. Surtout parce que deux des trois juges conservateurs qu’il avait nommés se sont prononcés contre ces droits de douane. Il avait manifestement escompté une loyauté plus grande, explique Kerstin Klein, correspondante ARD. Par ailleurs, Trump s’est montré combatif — notamment en annonçant une hausse globale des droits de 10 %.
Apparemment, Trump n’avait pas imaginé que la Cour suprême puisse lui imposer des limites. Ce qui a été particulièrement marquant, c’était son assertion selon laquelle il pouvait tout faire — détruire des pays entiers — mais qu’il ne pouvait pas prélever d’argent. « On percevait une certaine impertinence et aussi l’attitude derrière, celle d’un président qui peut tout faire ».
Kerstin Klein, ARD Washington, et Christian Feld, ARD Brüssel, sur la réaction de Trump à la décision sur les droits de douane et les répercussions pour l’UE
Conséquences pour la politique intérieure et extérieure
Pour la politique de Trump, cette décision pourrait avoir de lourdes répercussions. Dans un premier temps, l’arrêt crée à Trump des difficultés économiques concrètes — il avait déjà projeté les recettes supplémentaires issues des droits de douane, explique Klein. Et sur le plan international, les juges ont retiré à Trump un levier de pression important : « Il a négocié avec de nombreux pays et les a menacés de droits de douane s’ils ne se comportaient pas comme il le souhaitait. Ce levier — certains diraient même ce potentiel de chantage — s’éteint désormais », témoigne Klein.
Un coup dur pour une politique douanière arbitraire
Dans l’Union européenne, on a réagi d’abord avec un certain soulagement à la décision judiciaire. « On parle d’un coup dur pour une politique tarifaire arbitraire », déclare Bernd Langer, président de la commission commerciale de l’UE, rapporte Christian Feld, correspondant ARD. Toutefois, de nombreux responsables européens redoutent désormais que le gouvernement américain recoure à d’autres voies pour imposer des droits de douane; Trump l’a d’ailleurs déjà annoncé.
« Et tout cela signifie, encore une fois, de l’incertitude et de l’inconnu pour l’économie », résume Feld. Comment va évoluer l’accord commercial déjà conclu entre l’UE et les États‑Unis, sera examiné lors d’une séance spéciale lundi.