Découverte du virus meurtrier des étoiles de mer : Vibrio pectenicida

Au fond de l’océan… la situation n’est pas très reluisante, du moins pas pour les étoiles de mer. Il se peut que vous ne l’ayez pas encore remarqué, car ce sujet est malheureusement moins médiatisé qu’il ne le devrait, mais depuis maintenant 12 ans, une épidémie dévastatrice sévit et affecte des dizaines de espèces différentes d’étoiles de mer dans tous les océans du globe. Cette maladie porte le nom de SSWD, pour “Sea Star Wasting Disease” ou en français, la maladie de dépérissement des étoiles de mer. Après une décennie de recherches, les scientifiques ont enfin identifié la responsable : il s’agit d’un bactérie, comme l’atteste une étude publiée dans la revue Nature Ecology & Evolution.

Démenti de l’hypothèse virale

La SSWD, c’est la maladie qui provoque le dépérissement et la dégradation massive des étoiles de mer. Elle débute par une incapacité de l’animal à se nourrir normalement, une étape qui s’accompagne de lésions de la peau, souvent blanchâtres. Lorsque la maladie progresse jusqu’au système aquifère, qui permet à l’étoile de se déplacer, celle-ci se ratatine, perd ses bras (qu’on peut parfois voir s’éloigner du corps une fois détachés). La partie restante se met à se dissoudre peu à peu, jusqu’à entraîner la mort de l’animal.

Repérée pour la première fois en 2013, le long des côtes du Pacifique Nord-American, la SSWD touche aujourd’hui plus de 20 espèces d’étoiles de mer, présentes à toutes les latitudes et adaptables à différentes températures. Les chiffres sont alarmants : des milliards d’individus ont déjà disparu. La plus gravement affectée est l’étoile de mer “girasole”, une espèce emblématique qui, en seulement dix ans, a vu sa population diminuer de 90 %. En conséquence, elle est passée de “pas en danger” à « en danger critique d’extinction », selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Au début, on pensait que la causait était un virus, une hypothèse qui a été définitivement écartée par une étude menée en 2018. Aujourd’hui, une étude de l’Université de la Colombie-Britannique a permis d’identifier le véritable agent pathogène responsable de cette épidémie.

Le responsable : Vibrio pectenicida

Le nom de ce micro-organisme est Vibrio pectenicida. Il s’agit d’un bactéries que l’on connaissait déjà car elle représente un parasite de la coque de la palourde de l’Atlantique, un des coquillages très couramment utilisés en aquaculture. Ce bactéries s’attaque aux larves de palourdes et, apparemment, serait également capable d’infecter les étoiles de mer. La découverte n’a pas été simple car la SSWD évolue extrêmement rapidement. Toutefois, en cultivant des étoiles de mer en laboratoire et en leur soumettant différents agents pathogènes, l’équipe de chercheurs a pu éliminer toutes les autres hypothèses et confirmer que Vibrio pectenicida est le seul responsable de cette terrible crise sanitaire.

Une menace pour les écosystèmes côtiers

Ce massacre massif d’étoiles de mer ne concerne pas uniquement ces animaux, mais aussi l’ensemble de leur environnement immédiat.

Par exemple, le long des côtes du Nord-Ouest du Pacifique, la disparition des étoiles a entraîné une prolifération des oursins. Ces derniers sont des animaux qui “burettent” le fond marin — ils se nourrissent de la végétation qui y pousse, notamment les forêts de laminaire ou “kelp”. En grand nombre, ces oursins peuvent détruire ces écosystèmes marins essentiels à la biodiversité locale. Connaître le nom du virus ou du germe responsable des étoiles de mer est donc une étape cruciale, car cela permet désormais de mieux cibler les efforts pour freiner la propagation de cette maladie et préserver la richesse de nos océans.

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