Écrans et développement cognitif : les utiliser correctement

Nous avons souvent parlé de la relation négative entre les écrans et le développement des enfants : une étude finlandaise publiée dans Pediatric Exercise Science semble (tout du moins en apparence) renverser cette conviction, en mettant en évidence un lien positif entre le temps passé devant les écrans durant l’enfance et de meilleures capacités cognitives à l’adolescence. Attention : ce n’est pas une invitation à placer votre enfant devant le smartphone dès deux ans. L’objectif, rappellent les auteurs, est d’équilibrer activité physique et temps passé devant les écrans avec des apps ou jeux qui encouragent la pensée active.

Écrans oui, mais à une condition

L’étude a été menée sur 124 filles et 136 garçons dont l’âge moyen est d’environ 16 ans. Les chercheurs ont analysé comment l’activité physique, la sédentarité et le temps passé devant les écrans de l’enfance à l’adolescence influaient les compétences cognitives.

Il est apparu que le temps passé devant les écrans depuis l’enfance aide le développement cognitif, à condition que ce soit du temps de qualité : d’accord pour des activités qui impliquent l’apprentissage, la créativité, la résolution de problèmes, ou d’autres formes d’implication mentale active. « Nous supposons que le point fondamental est ce que l’on fait pendant le temps passé devant les écrans », explique Petri Jalanko, coordinateur de l’étude.

Activité physique et compétences cognitives : c’est compliqué

Même l’activité physique est importante, mais avec des différences entre filles et garçons. Chez les filles, plus de temps consacré à une activité physique d’intensité légère dès l’enfance a été associé à une meilleure mémoire de travail à l’adolescence. Chez les garçons, en revanche, ce qui fait la différence est la participation à une activité physique guidée (c’est-à-dire sous la supervision d’un adulte) de l’enfance à l’adolescence, également liée à une mémoire de travail plus efficace.

Un fait encore plus surprenant concerne l’activité physique non supervisée : les chercheurs ont observé que des niveaux plus faibles d’exercice autonome, signalés par les mêmes adolescents, étaient associés à une meilleure capacité de traitement cognitif à l’adolescence, un résultat qui va à l’encontre de ce à quoi on pourrait s’attendre.

Attention aux conclusions

Il est important de souligner que les auteurs n’encouragent en aucun cas l’usage des écrans, et ne soutiennent pas qu’il existe un lien de causalité entre le temps passé devant les écrans et de meilleures capacités cognitives. Ils invitent au contraire à ne pas tirer de conclusions définitives, observant que les associations entre activité physique, temps devant les écrans et capacités cognitives dépendent en partie du sexe, ainsi que des méthodes de mesure et du contexte dans lequel ces activités se déroulent.

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