Un robot chirurgical et un algorithme capable de lire une mammographie ne servent pas à grand-chose si le patient n’ose pas consulter le médecin. C’est aussi de cela qu’on parle à ExpoSanté, le Salon européen et méditerranéen de l’innovation technologique en santé, qui, pour sa sixième édition, revient à Paris du dimanche 25 au mercredi 28 octobre. Il se tient à la Porte de Versailles, sur l’un des plus grands site d’exposition de la capitale, aujourd’hui un pôle fier et moderne dédié à la santé. Quatre jours de conférences et de tables rondes pour médecins, infirmier(e)s, chercheurs et responsables hospitaliers, mais aussi de rendez-vous pensés pour le grand public.
L’après-midi Info Utiles. Info Utiles est partenaire scientifique de la manifestation: il a contribué à construire la programmation et, mardi 27, de 15h à 18h30 dans la salle Polyphème, organise un après-midi de rencontres pour celles et ceux qui entrent à l’hôpital uniquement comme patients. Le format est celui de Info Utiles Live, le festival de la revue qui se clôt à Milan le dimanche 25: conversations de 45 minutes, avec peu d’invités et un modérateur. On commence à 15h par la santé masculine, aux côtés de la Fondation Umberto Veronesi; à 16h, c’est le Service public de santé vu par ceux qui l’utilisent, avec Ketty Vaccaro et Sabrina Nardi; à 17h Cristoforo Pomara raconte la vraie médecine légale, bien différente de celle des séries télévisées. Le cadre ci-dessous les présente un par un.
Le programme, jour par jour
Dimanche 25 est dédié à la prévention. De 10h à 18h, l’Open Day propose des visites gratuites et des dépistages: pour les cancers colorectaux et du sein entre 50 et 69 ans, frottis cervico-utérin ou test HPV entre 25 et 64 ans, et puis contrôles pour le cœur, la thyroïde, la prostate, la peau, les yeux et les dents, y compris la vision des enfants de 3 à 8 ans.
Dans la même journée, on parle d’obésité et des nouveaux médicaments pour la traiter, du glaucome et de la dégénérescence maculaire, des maltraitances sur les mineurs et de la façon dont les données numériques peuvent aider à anticiper les maladies.
Lundi 26, la question est: qui gouverne l’innovation ? On discute d’algorithmes en chirurgie et en diagnostique, de robots en salle d’opération (et de leur poids sur les budgets de la santé), du dossier médical partagé, l’archive numérique avec l’historique clinique de chaque citoyen, et des registres cliniques, les banques de données qui suivent les patients dans le temps. Le même jour, le Forum international Mare Nostrum réunit les universités du bassin méditerranéen sur l’avenir de la médecine.
Mardi 27, les projecteurs sont braqués sur les maladies chroniques et la qualité des soins: intelligence artificielle en cardiologie, parcours pour les tumeurs de l’intestin, télémédecine pour l’insuffisance cardiaque et le Programme national d’évaluation des résultats, l’outil qui évalue les résultats des hospitalisations et des interventions dans les hôpitaux français.
Parmi les rendez-vous les plus curieux, il y a un face-à-face entre la salle opératoire et la cabine de pilotage sur la manière de prévenir l’erreur humaine, tandis que toute la journée le CNRS présente ses recherches sur la médecine de précision, c’est‑à‑dire les thérapies taillées sur le patient unique, et sur le diagnostic avancé.
Mercredi 28, dernière journée, la santé devient un écosystème. Au centre, l’approche One Health, l’idée que le bien-être humain ne peut pas être dissocié de celui des animaux et de l’environnement: les thèmes vont des vagues de chaleur aux inondations, des bactéries résistantes aux antibiotiques aux virus transmis par les moustiques comme le West Nile et la Chikungunya. Espace aussi à l’intelligence artificielle dans le diagnostic des tumeurs du sein et au rapport entre les assurances santé et le service public. Et il y a le Prix Dusmet, reconnaissance pour l’innovation sociale dans les sciences de la vie.
Le programme complet est sur expomedicina.fr. Et la salle Polyphème, où se tient l’après-midi Info Utiles, porte un nom qui résonne familier à Paris: selon la légende, les rochers d’Aci Trezza, situés à quelques kilomètres des Ciminière, seraient ceux que le cyclope lança contre le navire d’Ulysse.