Plutôt que de parler d’une « famille dysfonctionnelle » comme d’une étiquette figée décrivant l’ensemble de la famille de manière immuable, il est approprié d’aborder les processus dysfonctionnels qui peuvent se manifester au sein de différentes familles à divers moments de leur histoire.
Quantes fois, au quotidien aujourd’hui, entendons-nous le terme « dysfonctionnel ». C’est un adjectif généralement utilisé pour décrire le mauvais fonctionnement d’un système, d’un comportement ou d’une relation qui génère des difficultés, un malaise ou de la souffrance chez les sujets impliqués.
Et tout aussi fréquemment, on parle de « familles dysfonctionnelles ». Mais qu’est-ce que cela signifie exactement ? À quel moment les dynamiques familiales « ne fonctionnent pas » ? Et, surtout, selon quels critères pouvons-nous les qualifier ainsi ?
Dans cet article, nous verrons de quelle façon ce qui se passe dans et autour de la famille peut générer du malaise, du mal-être et de la souffrance chez ses membres, quels sont les effets de ces dysfonctionnements sur les enfants et comment il est possible de les reconnaître et d’y remédier.
Que signifie « famille dysfonctionnelle »
Les familles sont des systèmes complexes, dans lesquels les personnes qui en font partie portent une histoire partagée sur plusieurs générations et sont liées entre elles par des liens d’affection, de réciprocité, d’entraide et d’appartenance. Les familles peuvent prendre des formes très différentes : monoparentales, séparées, recomposées, reconstituées, homogénitaires, en tutelle, adoptives, migrantes, mixtes, etc.
Lorsque l’on parle de « famille dysfonctionnelle », le sens ne se réfère pas à la structure des noyaux familiaux, mais à leur fonctionnement : il ne s’agit pas de savoir comment les familles sont constituées, mais comment elles fonctionnent à l’intérieur et dans leurs échanges avec l’extérieur.
L’expression « famille dysfonctionnelle » indique donc un noyau familial dans lequel les processus de communication, relationnels et affectifs ne permettent pas de générer un bien-être psychologique chez ses membres, ni de favoriser des parcours de croissance sereine pour les enfants.
Ces difficultés peuvent toucher toutes les formes de famille et concerner un ou plusieurs aspects de leur fonctionnement; elles peuvent être ponctuelles, se manifester à certains moments de la vie familiale, ou être persistantes tout au long des différentes phases du cycle de vie familial.
Plutôt que de parler d’une « famille dysfonctionnelle » comme d’une étiquette fixe qui dépeint l’ensemble de la famille de manière immuable, nous pouvons donc parler de processus dysfonctionnels au sein des diverses familles, à différents moments de leur histoire.
Par exemple, la communication authentique dans une famille peut devenir difficile pendant une période donnée, et les échanges peuvent être confus et ambivalents, ou houleux et agressifs, ou bien distants et froids. Lorsque la communication familiale adopte ces caractéristiques, la famille cesse d’être un contexte de sécurité émotionnelle, de proximité affective, de respect et d’expression sincère de soi, et les personnes qui en font partie vivent dans le malaise, peuvent ressentir du mal-être et de la souffrance.
Cependant, la même famille peut prendre conscience des difficultés de communication et de leurs effets négatifs sur le bien-être familial et chercher à les modifier. C’est ainsi qu’un aspect dysfonctionnel de la communication peut devenir une opportunité de lancer un processus significatif de croissance et de changement familial. Dans d’autres cas, malheureusement, cela ne se produit pas : la conscience et la motivation au changement font défaut et la famille peut demeurer dans sa situation de souffrance sur le long terme.
Caractéristiques et signes d’une famille dysfonctionnelle
Posons-nous ensemble la question des principaux aspects du fonctionnement des relations familiales qui peuvent générer du bien-être ou du mal-être chez ses membres.
Comme nous l’avons évoqué dans l’exemple précédent, les processus de communication familiale jouent un rôle central et sont étroitement liés aux autres aspects que nous décrirons.
Pour communication familiale, nous entendons l’ensemble des actions visant à partager informations, idées, pensées et sentiments entre les membres d’un noyau familial. Quand la communication familiale fonctionne bien ? Quand la communication est claire, c’est-à-dire lorsque :
- les différents membres, et en particulier les adultes, s’impliquent dans un écoute active, attentive, non polémique de ce que l’autre exprime, facilitent la possibilité de poser des questions pour confronter les points de vue et demander du soutien pour se sentir soutenus ;
- il est possible d’exprimer un amour sain, de comprendre les sentiments et les états d’âme des autres avec empathie ;
- chacun peut exprimer ce qu’il pense et ce qu’il ressent avec des mots et des comportements compatibles ;
- il n’est pas nécessaire de simuler ou de dissimuler des pensées, opinions ou sentiments par crainte de ne pas être accueilli, accepté, compris ou par crainte que quelqu’un dans la famille puisse souffrir beaucoup ou réagir avec anxiété ou agressivité.
Un autre aspect qui influence la possibilité d’une communication claire est la capacité à vivre les divergences d’opinions et les différents points de vue entre les membres de la famille (par exemple entre parents et enfants) comme une valeur enrichissante plutôt que comme un problème qui sépare.
Quand les différences sont vécues comme une valeur, on accorde de l’espace à l’individualité de chacun et chaque membre de la famille peut vivre sereinement sa propre subjectivité, tout en continuant à se sentir appartenir au même noyau affectif.
En revanche, lorsque ces modes de communication et de relation sont entravés par les difficultés de la vie ou sont insuffisants pour des raisons plus profondes, la communication familiale peut devenir distordue. Autrement dit :
- les personnes peuvent souffrir d’un manque d’empathie au sein de la famille ;
- elles peuvent sentir le besoin de censurer certains aspects d’elles-mêmes qui ne trouvent pas d’accueil ou de place dans la vie familiale ou qui entrent en conflit avec les attentes parentales irréalistes ou trop différentes des leurs ;
- elles peuvent éprouver un amour conditionnel, c’est‑à‑dire le sentiment d’être bons et acceptés seulement à condition de se comporter comme les autres membres le souhaitent ou l’exigent ;
- elles peuvent renoncer à l’expression de leur authenticité par peur de réactions émotionnelles difficiles (déceptions, colère) ou pour contourner les difficultés de gestion des conflits et de l’agressivité.
Lorsque la communication familiale n’est pas claire, la gestion des conflits et la résolution des problèmes peuvent devenir difficiles. Par exemple, il peut être difficile de dialoguer en restant concentré sur le sujet précis ou le problème à traiter et d’y apporter son point de vue de manière constructive pour dépasser la dispute ou la question. Il peut arriver que le problème à traiter ou le sujet de discussion devienne le prétexte pour mettre en œuvre des mécanismes affectifs et relationnels nuisibles et destructifs :
- dénigrer ou discréditer l’intervention de son partenaire, de son enfant, de son frère ou de sa sœur dans le dialogue familial ou sa contribution au sein de la famille ;
- broyer le doute sur l’autre et sa capacité à affronter les situations difficiles ;
- l’accuser ou le présenter comme déviant ou problématique.
Ce type de comportements peut déclencher chez l’autre des réponses agressives pour répliquer aux attaques reçues; ou bien des réactions de retrait afin d’échapper à la souffrance provoquée par ces attaques.
Ces réponses agressives ou ces retraits de la conversation, à leur tour, ne font que nourrir les dénigrements, accusations ou discrédits initiaux de l’autre membre de la famille, alimentant une escalade dans les relations qui peut atteindre des pics d’explosivité importants ou, au contraire, conduire à une rupture relationnelle défensive souvent perçue comme un mur d’incommunication et une distance affective ou comme le refus d’appartenir à la famille.
Un autre aspect important du fonctionnement familial est la flexibilité, c’est-à-dire la capacité de la famille à trouver son équilibre entre stabilité et changement à travers les différentes étapes de la vie familiale ou face aux événements stressants ou traumatiques de la vie.
Toutes les familles s’efforcent de trouver leurs propres moyens de faire face aux défis des différentes phases du cycle de vie, sans dénaturer leur identité familiale et sans disloquer les liens. Par exemple, dans une famille avec de jeunes enfants, il devient important de la façon dont le couple parental apprend à relever les tâches liées à l’attention, à l’éducation et à la croissance des enfants, en redéfinissant les frontières avec les familles d’origine, en se différenciant comme une entité familiale distincte avec des frontières, une identité et des règles propres, tout en continuant à se sentir partie d’un système familial élargi où les familles des grands‑parents se montrent disponibles pour apporter l’aide nécessaire (reconnaissant le changement de statut de leur fils ou fille devenu parent).
Lorsque tout cela se vérifie, chaque composante occupe un rôle clair et défini au sein du système familial élargi : les nouveaux parents parviennent à établir un équilibre entre le sentiment d’appartenance aux familles d’origine, la confiance de pouvoir compter sur le soutien des générations précédentes et l’exigence de se redéfinir dans une réalité de duo et de famille nouvelle, qui doit trouver ses adaptations face à une nouvelle étape de la vie et introduire des changements significatifs par rapport à ce qui a été vécu dans les familles d’origine respectives.
Lorsque ces processus sont dysfonctionnels, il peut arriver par exemple que les jeunes parents ne se sentent pas reconnus dans ce rôle par leurs propres parents ou par les parents du partenaire, surtout lorsque ces derniers adoptent des attitudes ou des comportements hyper-critique et dévalorisant, intrusifs ou envahissants, arrivant parfois à se substituer dans les tâches d’attention envers les nouveaux-nés, finissant par générer des tensions et des disputes au sein de la famille et souvent aussi au sein du couple parental.
Les jeunes parents peuvent ainsi développer des sentiments d’insécurité et un sentiment d’inadéquation constants dans l’attention au nouveau-né, jusqu’à avoir des difficultés à reconnaître ses besoins et à y répondre de manière synchronisée : ainsi, même la relation entre les jeunes parents et les nouveaux venus dans la famille peut en souffrir, créant des conditions propices à une relation dysfonctionnelle qui se reproduit dans les générations et à l’apparition de mal-être même chez les plus jeunes.
Lorsque la vie familiale est perturbée par des moments de crise, des tensions économiques et sociales, des événements traumatiques ou tout autre imprévu (comme des deuils soudains, des maladies, la perte d’un emploi, des expulsions, etc.), la recherche de cet équilibre entre stabilité et changement peut devenir encore plus complexe.
Les familles où l’organisation des rôles, des frontières, du leadership, des règles et des modes de négociation au sein du noyau et avec l’environnement extérieur est rigide, insensible au passage du temps et à l’évolution des besoins peuvent éprouver des difficultés à mettre en place de nouvelles modalités de relation et à affronter les problèmes que les événements stressants ou traumatiques imposent. À l’inverse, les familles où cette organisation est chaotique, toujours en discussion, confuse, peuvent se sentir pendant de longues périodes ballottées par les événements et désemparées face à eux, sans la possibilité de s’y adapter de manière proactive.
De plus, le sens attribué par les différents membres de la famille aux événements eux‑mêmes influence fortement la façon dont ils peuvent réagir face aux adversités de la vie. Par exemple, dans le dialogue entre parents et enfants, même lorsque ceux‑ci sont jeunes, la manière dont les parents partagent une lecture claire de ce qui se passe et de ce qui va arriver, en normalisant ce qui se passe ( lorsque c’est possible ) et en recontextualisant la situation, est cruciale. Ce dialogue aide les enfants à comprendre une réalité parfois difficile et éprouvante, les rassure sur la présence d’adultes dignes de confiance à leurs côtés, les aide à attribuer un sens aux événements qui les rend plus faciles à affronter et leur permet de mobiliser leurs meilleures ressources pour les surmonter.
Quand l’événement stressant est particulièrement lourd ou brutal, lorsque les parents se sentent très désemparés ou affligés, lorsque eux-mêmes, en premier lieu, sentent que leurs ressources pour faire face à l’événement sont limitées ou insuffisantes, lorsque d’autres problématiques préexistantes complexifient tout (pathologies psychiques, dépression et autres troubles affectifs, difficultés transgénérationnelles, dépendances à l’alcool et aux drogues), alors le dialogue avec les enfants peut devenir ardu, voire impossible, et les enfants peuvent se sentir démunis face aux grandes adversités de la vie.
Outre la communication et la flexibilité, un autre aspect central concerne la cohésion familiale, c’est-à-dire la capacité du système familial à trouver un équilibre entre la préservation du lien qui unit les différents membres et l’élan vers l’autonomie individuelle de chacun. Dans les familles où le sentiment de lien prend la forme d’un engagement excessif, d’une proximité étouffante, d’hygiène trop contrôle ou d’hyperprotection, peuvent émerger des sentiments d’inadéquation constants chez les membres ou un vécu de trahison, de culpabilité, d’abandon lorsque des choix conduisent à s’éloigner du noyau familial.
Ceux-ci, par exemple, entravent la possibilité pour les enfants adolescents et jeunes adultes de se sentir autorisés à expérimenter des expériences alternatives à celles attendues par la famille et de faire leurs propres choix individuels, différents des attentes implicites et explicites des parents, et parfois aussi des générations précédentes, tout en continuant à se sentir appartenir au noyau familial et à se sentir reconnus et aimés au sein de celui‑ci.
Au contraire, dans les familles où l’impulsion à l’autonomie individuelle est forte et émotionnellement distante, cela peut être vécu comme un désengagement affectif vis-à-vis des liens familiaux, comme une difficulté à développer une appartenance affective au groupe familial, ou comme une poussée expulsive vers une sortie du noyau.
Effets sur les relations futures des enfants
Nous avons déjà évoqué certains effets psychologiques possibles chez les enfants issus de dynamiques familiales dysfonctionnelles. Lorsque ces effets deviennent difficiles à soutenir et que la famille ne dispose pas des ressources et capacités suffisantes pour les contenir, ils peuvent continuer à générer de la souffrance dans les phases ultérieures du cycle de vie familial et se manifester dans les relations interpersonnelles en dehors du cadre familial, puis dans les relations affectives adultes avec leurs partenaires.
Grandir dans des familles où la communication est distordue, où les relations sont trop intrusives ou au contraire trop désengagées, où les divergences et les problèmes sont niés ou amplifiés au lieu d’être abordés de manière coopérative, où l’organisation familiale est trop rigide ou, à l’inverse, chaotique et peu fiable, crée chez les enfants un socle d’expériences et de modèles dysfonctionnels. Ce socle agit comme une sorte d’empreinte affective pathogène qui, s’il n’est pas reconnu et affronté, peut amener les enfants à répéter des schémas relationnels problématiques et à reproduire des comportements dysfonctionnels à l’avenir.
En d’autres termes, lorsque les enfants grandissent entourés de certaines dynamiques affectives et relationnelles au sein de leur famille, ils peinent à les distinguer, les intériorisent, les apprennent et tendent à les reproduire par analogie ou par différence dans leurs rapports interpersonnels actuels et futurs, y compris dans leurs relations de couple.
Heureusement, la reproduction des dynamiques familiales dysfonctionnelles entre les générations n’est pas inévitable, ni identique en chaque cas. Chaque famille, à chaque instant de son histoire, peut activer des parcours de conscience, de réflexion et de changement pour modifier son état de mal-être et interrompre les dynamiques dysfonctionnelles qui l’ont généré et nourri. Ce qui fait la différence dans le dépassement des problématiques familiales, ce ne sont pas tant les conditions de départ ou, dans une certaine mesure, la gravité des problématiques elles‑mêmes, mais le fait que les familles puissent mobiliser des ressources internes et externes, déjà actives ou activables, pour se mettre en quête de possibilités de changement par la prise de conscience.
Stratégies utiles
Donc, pour pouvoir activer un changement dans les dynamiques familiales dysfonctionnelles, la première étape est celle de la conscience : il est en effet très important de ne pas nier les problèmes, mais de reconnaître et d’accepter les dysfonctionnements dans la communication, les liens affectifs, l’organisation de la famille et les significations attribuées aux événements de la vie. Seule cette prise de conscience et ce repérage peuvent ouvrir la porte à une demande d’aide, qui peut être adressée à des proches et amis en qui l’on peut avoir une confiance véritable et efficace, mais aussi à des professionnels compétents.
Outre cette conscience, il est important d’y adjoint une autre, celle selon laquelle chaque famille – même la plus en difficulté ou faisant face à des situations multi-problèmes – dispose de ressources utiles pour se remettre d’une crise ou d’événements stressants ou traumatiques qui ont dû être affrontés malgré tout. Reconnaître et valoriser ces ressources, les réactiver pour soutenir la famille constitue une étape cruciale de la résilience familiale, c’est‑à‑dire la capacité à rebondir face à l’adversité, en sortir plus fortes et revenir à une vie épanouie sur les plans affectif, relationnel et social.
La cohésion familiale, le sentiment d’appartenance, une communication claire, une collaboration respectueuse des différents rôles familiaux et la possibilité de compter sur des aides externes augmentent les chances dont disposent les familles pour faire face aux difficultés grandes et petites qui peuvent survenir au cours de la vie et qui autrement pourraient s’avérer insoutenables.
En d’autres termes, pour pouvoir faire face aux dysfonctionnements qui affectent les relations familiales, il faut :
- remettre en question le mythe d’un seul modèle de famille saine, dépourvu de problèmes ;
- prendre le temps de regarder les problèmes au sein de son noyau avec acceptation ;
- donner un nom aux dynamiques qui causent le plus de souffrance ;
- examiner les capacités internes de la famille et les ressources qui l’entourent comme des points forts à partir desquels initier des changements utiles ;
- faire confiance aux processus de changement et à la résilience de l’ensemble du système familial et de ses membres.
Le rôle du soutien professionnel
Pour activer ces changements dans les dynamiques dysfonctionnelles de la famille, il peut être utile et parfois nécessaire de s’adresser à des professionnels extérieurs, tels que les psychologues et les psychothérapeutes familiaux, les pédagogues et les éducateurs sociopedagogiques.
De manière générale, en dehors des spécificités des diverses approches professionnelles, le rôle des personnes qui apportent un soutien est d’accompagner les membres de la famille à :
- prendre conscience de ce qui se passe au sein de leur système familial ;
- soutenir la charge émotionnelle souvent associée à cette prise de conscience ;
- reconnaître les processus dysfonctionnels spécifiques à leur famille, à travers l’analyse des dynamiques interpersonnelles entre ses membres et entre ses membres et le contexte plus large ;
- élaborer une narration cohérente de leur histoire familiale à travers les difficultés ;
- activer des changements dans les attitudes et les comportements, afin d’interrompre les dynamiques dysfonctionnelles ;
- fournir un soutien qualifié lorsqu’il faut prendre des décisions difficiles, par exemple lorsque l’exigeance est de prendre de la distance émotionnelle ou physique par rapport à son noyau en raison de situations de menace psychologique ou physique ou parce que le fonctionnement familial entrave la sortie des enfants devenus jeunes adultes ;
- à la suite de conflits destructeurs, de ruptures et d’éloignements, aider les personnes à évaluer la possibilité d’une réconciliation ultérieure lorsque podrían exister des garanties suffisantes d’un équilibre entre l’expression de l’affection familiale, la sincérité des rapports et le respect des limites.
Les parcours de soutien psychologique peuvent être réalisés avec un seul membre de la famille et prendre la forme d’une psychothérapie individuelle, ou être menés avec le couple parental et prendre les formes de conseils et de soutien aux compétences parentales, ou avec le noyau entier et prendre la forme d’une thérapie familiale.
Les parcours de conseil pédagogique à la famille et de soutien aux compétences parentales peuvent s’adresser à des couples parents, à des parents seuls, à des noyaux familiaux.
Le choix de la forme la plus adaptée à chaque situation dépend d’une série de facteurs, dont le premier est la disponibilité à la réflexion et au changement de la part de celui ou celle qui demande du soutien et qui souhaite s’engager volontairement dans le parcours.
Conclusion
Les familles, sous toutes leurs formes et dans toute leur complexité, représentent le premier milieu de vie et de croissance pour chaque individu. Lorsque les dynamiques internes deviennent dysfonctionnelles, le risque est que le noyau familial perde sa fonction de protection et de soutien, générant une souffrance qui peut se prolonger dans le temps et dans les relations futures. Toutefois, reconnaître les difficultés ne signifie pas condamner : c’est, au contraire, la première étape vers le changement.
Chaque famille possède des ressources qui, si elles sont actives, peuvent favoriser la résilience et le bien‑être. La conscience, le dialogue authentique, la flexibilité et la capacité de demander de l’aide sont des outils fondamentaux pour interrompre les cercles vicieux et construire de nouvelles modalités de relation. Dans ce cheminement, le soutien professionnel peut représenter un précieux allié, capable d’accompagner les membres de la famille dans la compréhension de leurs dynamiques et dans l’activation de stratégies de changement. En définitive, il n’existe pas de familles parfaites, mais des familles qui apprennent à grandir face aux défis. Cultiver la confiance dans la possibilité de transformation est le point de départ pour redonner à la famille son rôle le plus authentique : être un espace de sécurité, d’affection et de développement pour tous ses membres.