À l’occasion de la Journée mondiale de la sclérose en plaques, une bonne nouvelle sur le front des traitements pour ceux qui ont déjà connu une aggravation neurologique.
Un médicament jusque-là prescrit uniquement à des patients atteints de certaines formes de sclérose en plaques réduit de manière importante la progression de l’incapacité même chez les personnes atteintes de sclérose en plaques primaire progressive à un stade avancé, préservant plus longtemps certaines fonctions motrices essentielles pour une plus grande autonomie, une communication facilitée et une meilleure qualité de vie.
Le médicament est l’ocrelizumab, un anticorps monoclonal à effet immunosuppresseur (c’est-à-dire qui réduit l’activité du système immunitaire). Les résultats de l’essai ont été publiés dans la revue Lancet à la veille de la Journée mondiale de la sclérose en plaques (le 30 mai).
Sclérose en plaques : qu’est-ce que c’est et sous quelles formes se présente-t-elle
La sclérose en plaques est une maladie inflammatoire chronique d’origine auto-immune qui touche le système nerveux central (cervau, moelle épinière et nerfs optiques). L’inflammation concerne surtout la myéline, la gaine qui entoure et isole les fibres nerveuses, qui est attaquée par le système immunitaire ainsi que les cellules qui la produisent et les fibres nerveuses sous-jacentes.
Les dommages infligés peuvent évoluer en plaques ou lésions qui présentent des caractéristiques similaires à des cicatrices. Les symptômes de la sclérose en plaques sont variés mais incluent troubles visuels, perte de sensibilité, fatigue et perte de force.
La sclérose en plaques n’a pas le même cours pour tout le monde. La forme la plus courante, à évolution rémittente-récurrente, est caractérisée par des épisodes aigus de la maladie (poussées) alternant avec des périodes de relative amélioration (rémissions), un parcours qui n’évolue pas de la même façon et dans des délais variables. D’autres patients – environ 15 % des personnes atteintes – présentent dès le début un déclin des fonctions neurologiques, même en l’absence de poussées. Cette forme est dite progressive primaire.
Pour qui était prescrit le médicament et quelle est la nouveauté
Jusqu’à présent, l’ocrelizumab était utilisé comme traitement pour les patients souffrant de sclérose en plaques active à évolution récurrente (c’est-à-dire avec des poussées ou une preuve de maladie par IRM) ou pour les patients atteints de sclérose en plaques primaire progressive à un stade précoce – c’est-à-dire peu ou pas encore handicapés.
Les patients atteints de sclérose en plaques primaire progressive à un stade avancé n’avaient pas accès au traitement, et ils disposaient d’un très petit nombre d’autres options thérapeutiques. La plupart des essais précédents excluaient en effet les personnes de plus de 55 ans présentant des formes d’incapacité avancées, en raison d’un débat sur le bénéfice réel de ce type de soin sur les formes les plus avancées de la maladie.
Le nouvel essai clinique, ORATORIO-HAND, a été conçu spécialement pour combler ce fossé thérapeutique et a inclus des patients jusqu’à 65 ans, atteints de sclérose en plaques primaire progressive, dans de nombreux cas avec d’importantes incapacités et des difficultés de déplacement, et souvent utilisant un fauteuil roulant.
Un frein à la progression
Dans l’étude contrôlée par placebo, impliquant plus de 1000 patients dans 22 pays, ceux qui ont reçu le médicament ont présenté un risque réduit de 30 % de progression de l’incapacité par rapport au groupe témoin. Le déclin des fonctions de la main et du membre supérieur à 12 semaines après l’infusion d’ocrelizumab a été réduit de 41 %. Le risque de devoir recourir à une chaise roulante parmi ceux qui, au début de l’étude, n’étaient pas capables de marcher ou de se déplacer librement, a diminué de 52 %.
Parmi les patients présentant des signes d’activité inflammatoire à l’IRM, les bénéfices ont été encore plus importants et le médicament a réduit le risque de progression de l’incapacité de 55 %.
Une meilleure qualité de vie
« Ces résultats sont importants car ils démontrent que le traitement peut faire une différence significative pour les personnes atteintes de formes plus avancées de sclérose en plaques et peut contribuer à préserver la fonction des mains et des bras, fondamentale pour maintenir l’indépendance, réaliser les activités quotidiennes et jouir d’une bonne qualité de vie » explique Gavin Giovannoni, neurologue de la Queen Mary University de Londres et premier auteur de l’étude.
La référence concerne surtout les activités du quotidien telles que les soins personnels, l’usage des toilettes, la communication, la possibilité d’accomplir de petites tâches domestiques.
« Notre étude suggère que nous devrions repenser ce que signifie un traitement efficace dans la sclérose en plaques à un stade avancé et que nous ne devrions pas supposer l’absence de bénéfices pour certains groupes de patients ».