Il programma de la Chine pour protéger la Terre des astéroïdes prévoit le lancement conjoint de deux sondes : l’une pour surveiller, l’autre pour frapper.
L’Univers nous offre des merveilles… mais aussi quelques menaces. Comme celles représentées par les astéroïdes proches de la Terre, dont l’impact sur notre planète — bien que peu probable — pourrait avoir des conséquences dévastatrices. La Chine vient de proposer une recherche internationale pour nous mettre à l’abri de ce danger.
La technique de l’impact. Lors de la troisième Conférence internationale sur l’Exploration de l’Espace Profond, tenue la semaine dernière à Hefei, Wu Weiren — l’esprit derrière le programme lunaire chinois — a présenté une stratégie pour protéger notre planète.
Le projet prévoit un monitorage et alerte précoce : un système intégré espace-terre, capable de détecter rapidement les NEO (Near-Earth Objects) et d’aviser avec précision leur position. Puis donner vie à une mission « fly-along–impact–fly-along » (Voler, frapper, voler), qui prévoit le lancement conjoint de deux sondes — l’une qui observe et l’autre qui frappe. Après une observation rapprochée, un véhicule spatial frappera l’astéroïde à haute vitesse, déviant son orbite, tandis que l’observateur suivra et enregistrera le résultat. L’objectif est d’éloigner l’astéroïde de la Terre pour des décennies, peut-être même un siècle.

Mais la Chine ne s’arrête pas là. Au début de 2025, elle a lancé un plan pour recruter des experts en défense planétaire, à occuper dans des activités de surveillance et d’alerte, avec un regard particulier sur l’astéroïde 2024 YR4, initialement considéré à risque pour 2032. Les nouvelles observations ont toutefois réduit drastiquement la menace : aujourd’hui la probabilité d’impact est proche de zéro selon l’ESA et la NASA, tandis que les probabilités que l’impact se produise sur la Lune augmentent.
La stratégie prévoit un réseau spatial multidirectionnel pour le surveillance, des paquets technologiques de réaction rapide pour faire face à toute menace potentielle. La Chine invite également à coopérer au niveau international sur l’observation, le développement des instruments, les données et la recherche partagée.
Et l’Europe ? Sur le front européen, la coopération internationale est désormais solidifiée, grâce surtout à la mission AIDA : une démonstration stratégique de déviation d’astéroïde par impact cinétique. La NASA avait ouvert la voie avec la mission DART en 2022, impactant Dimorphos — une petite « lune » de l’astéroïde Didymos — et modifiant son orbite. Un succès historique pour la défense planétaire.
L’ESA, avec la mission Hera, lancée en octobre 2024 sur un Falcon 9, reprendra contact avec Dimorphos pour examiner l’effet de l’impact avec un souci scientifique détaillé.
Par ailleurs Ramses, une mission conjointe ESA–JAXA qui devrait partir entre 2028 et 2029 pour atteindre l’astéroïde Apophis, étudier ses propriétés et mettre à l’épreuve les technologies de défense en cas de son passage rapproché à la Terre.
Dans le passé, l’UE avait développé le projet NEOShield-2 dans le cadre du programme Horizon 2020, visant à créer des technologies et des stratégies pour dévier les astéroïdes et étudier leurs surfaces.
Les États-Unis. La NASA, outre la mission DART, à l’échelle gouvernementale, a mené une récente simulation d’un « scénario apocalyptique », prévoyant la réponse à un astéroïde ayant 72 % de chances d’impact dans 14 ans : l’exercice a mis en évidence des lacunes dans la préparation à une telle urgence, soulignant l’importance d’un plan opérationnel solide.
Sur le plan scientifique et académique, est en développement l’idée d’une mission flyby rapide, pensée pour répondre en quelques jours à l’identification d’un astéroïde qui risque d’impacter, collectant des données essentielles pour guider les décisions de défense.