La NASA dévoile ses plans : base lunaire à 20 milliards de dollars et propulsion nucléaire pour Mars

La NASA annonce une stratégie pour établir une présence fixe sur la Lune d’ici sept ans, en misant sur l’énergie nucléaire et sur la collaboration avec SpaceX et Blue Origin pour battre la Chine.

Avec le lancement de la mission Artemis 2 — prévu le 2 avril (en France) — la NASA a dévoilé une stratégie de long terme qui redessine complètement l’avenir de l’exploration lunaire américaine. L’agence prévoit d’investir 20 milliards de dollars sur les sept prochaines années pour construire une base près du pôle Sud de la Lune, dotée de modules d’habitation, de rovers pressurisés et d’installations d’alimentation nucléaire.

C’est Jared Isaacman, administrateur de la NASA, qui a présenté le plan lors d’une série de rencontres avec les principaux fournisseurs de l’agence au quartier général de Washington. Isaacman a tracé une vision ambitieuse : deux missions lunaires habitées par an, des équipages se succédant sur la surface lunaire pour mener des recherches scientifiques, tester de nouvelles technologies et poser les bases logistiques pour les futures expéditions vers Mars.

La nouvelle philosophie de la NASA

«Cette approche graduelle — un apprentissage continu, une réduction progressive des risques et l’accumulation d’expérience — est exactement ce qui a permis à la NASA de réaliser l’impossible dans les années soixante avec le programme Apollo. «Mais cette fois l’objectif n’est pas de planter une bannière et de rentrer chez soi. Cette fois, nous voulons rester».

Le programme prévoit des atterrissages habités tous les six mois, confiés à au moins deux opérateurs de lancement distincts (SpaceX et Blue Origin), ouvrant la porte à de nouveaux opérateurs commerciaux au fil des années. «L’Amérique ne abandonnera jamais plus la Lune», a souligné le responsable de l’agence.

Adieu au projet Gateway : la NASA coupe l’escale orbitale

L’un des volets les plus marquants du nouveau plan concerne l’abandon — du moins dans sa forme actuelle — du projet Gateway, la station spatiale qui devait opérer en orbite lunaire et servir d’escale intermédiaire pour les astronautes en route vers la surface. Les modules déjà en construction seront en revanche reconvertis et intégrés à la future base lunaire.

Les astronautes des missions Orion s’accrocheront directement aux landers sans passer par une station orbitale, simplifiant la chaîne logistique mais posant de nouveaux défis d’ingénierie liés aux types d’orbites envisageables. Parallèlement, le programme s’écarte du lanceur SLS — coûteux et à usage gouvernemental exclusif — pour s’ouvrir à des fusées commerciales telles que Starship de SpaceX et New Glenn de Blue Origin. Un changement d’orientation qui reflète la philosophie de l’administration Trump : davantage de marché, moins de bureaucratie.

Dalles premières explorations à l’installation : les trois phases de la base lunaire

La construction de la base lunaire suivra un parcours structuré en trois phases

. La première vise à augmenter la fréquence des missions, en envoyant des rovers et des instruments scientifiques pour tester les systèmes de mobilité, d’énergie, de communication et de navigation.

La deuxième phase verra la réalisation d’habitats et d’infrastructures stables, capables de soutenir des opérations régulières avec équipage.

La troisième, la plus aboutie, prévoit le développement d’une infrastructure permanente : centrales énergétiques nucléaires et solaires, machines pour la préparation des sites de construction, un réseau de télécommunications semblable à un réseau cellulaire, un système de positionnement GPS lunaire et des constellations de satellites d’observation.

L’avenir de l’orbite basse et l’ISS

En regardant de plus près vers la Terre, la NASA réaffirme son engagement à soutenir le développement de stations spatiales commerciales qui pourraient prendre la place de la Station spatiale internationale, dont le retrait est programmé autour de 2030.

Les responsables ont admis que jusqu’à présent l’intérêt du secteur privé était inférieur aux attentes, et ils étudient de nouvelles formules pour le stimuler : de la possibilité pour des privés financés de mener des expériences à bord de l’ISS, à la « vente » de créneaux d’astronautes non professionnels qualifiés, jusqu’à l’utilisation du laboratoire orbital comme plateforme d’assemblage pour de futurs modules commerciaux autonomes.

Course au Pôle Sud : entre l’héritage des milliards dépensés et le défi à la Chine

Le plan s’inscrit dans un contexte historique marqué par des décennies de réorientations.Dalla visione di George Bush con il programma Constellation (ritorno sulla Luna entro il 2020), passando per la svolta di Obama verso gli asteroidi, fino al rilancio lunare del primo mandato Trump avec Artemis et les ralentissements de l’ère Biden — entre pandémie et coupes budgétaires — la Planetary Society estime que les États-Unis ont déjà investi environ 107 milliards de dollars dans les plans de retour sur la Lune sans encore avoir posé un pied sur sa surface.

Isaacman n’a pas mâché ses mots pour évoquer les conséquences d’un éventuel échec : «Si nous devons échouer et voir nos adversaires atteindre leurs objectifs lunaires avant les nôtres, nous ne pourrons pas nous consoler en disant que nous avons respecté les protocoles».Le recours à la Chine est implicite mais sans équivoque : Pékin vise aussi le pôle Sud lunaire avec le programme Chang’e, et la course à l’appropriation des ressources hydriques des glaces polaires — essentielles pour produire carburant et oxygène — est déjà engagée. «Le public américain a investi plus de 100 milliards de dollars et a été très patient», a conclu Isaacman. «Les attentes sont naturellement très élevées. Et nous n’avons pas l’intention de les décevoir».

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