Les abdominaux sont-ils bénéfiques pour le cerveau et les muscles ?

Il est établi que l’activité physique est bénéfique pour la santé physique (et mentale), et nous avons souvent mis en avant les bienfaits d’un mouvement, même minime. Désormais, une étude publiée dans Nature Neuroscience a éclairé le pourquoi du mouvement pour le cerveau, en identifiant une connexion physique entre les muscles abdominaux et l’esprit.

Les tests, menés sur des souris, ont démontré que le flux sanguin génère une pression sur le cerveau le faisant bouger légèrement et l’aidant à se nettoyer. Voyons cela.

Cerveau en mouvement

Pour parvenir à leurs conclusions, les chercheurs ont utilisé deux techniques d’imagerie – la microscopie à deux photons, pour observer les tissus vivants, et la microtomographie par ordinateur, qui permet de reconstituer en 3D des organes entiers. Ils ont ainsi pu observer que le cerveau des cobayes se déplaçait de quelques micromètres légèrement avant que les sujets ne démarrent leur mouvement, juste après la contraction abdominale.

Les chercheurs ont ensuite gonflé une sangle pneumatique autour de l’abdomen des souris, légèrement anesthésiées, sans les faire bouger: le résultat fut le même, et le niveau de pression (inférieur à celui provoqué par la contraction abdominale) a néanmoins entraîné le déplacement du cerveau.

Un système hydraulique

Patrick Drew, l’un des auteurs, compare le mécanisme à un système hydraulique : « Les muscles abdominaux agissent comme une pompe. Même des gestes quotidiens et apparemment banals, comme contracter les muscles abdominaux avant de se lever d’une chaise ou de faire un pas, suffisent à déclencher cet effet ». Le sang est expulsé de l’abdomen vers la moelle épinière, et cette pression se transmet à travers un réseau veineux jusqu’au cerveau et le déplace légèrement dans le crâne. Ce mouvement, aussi imperceptible soit-il, suffit à faire circuler les fluides qui irriguent le cerveau et à éliminer les substances de déchets.

Comment nettoyer une éponge

La question finale à laquelle les chercheurs ont tenté de répondre est de savoir comment le mouvement influence le flux des liquides cérébraux. Pour répondre, ils ont mené des simulations informatiques en comparant le cerveau à… une éponge sale. Et comment nettoie-t-on une éponge sale ? « Il faut la passer sous le robinet et la tordre », explique Francesco Costanzo, l’un des auteurs. « Dans nos simulations, nous avons compris comment le mouvement du cerveau, provoqué par la contraction abdominale, peut favoriser le flux des liquides autour de celui-ci et contribuer ainsi à éliminer les substances de déchets ».

Puisque les tests ont été réalisés uniquement sur des souris, il est nécessaire que les recherches se poursuivent pour déterminer dans quelle mesure ce que l’on a découvert s’applique aux humains.

Les résultats suggèrent que bouger, non pas nécessairement en allant à la salle de sport ou en courant, mais simplement en se levant d’une chaise, aide à nettoyer le cerveau et pourrait aider à prévenir des maladies neurodégénératives liées à l’accumulation de déchets comme la maladie d’Alzheimer, Parkinson ou la sclérose latérale amyotrophique (SLA).

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