Les vaccins contre la Covid-19 ont permis de gagner près de 15 millions d’années de vie dans le monde depuis leur déploiement
Sans le déploiement massif des vaccins anti-Covid, le virus SARS-CoV-2 aurait tué environ 2 533 000 personnes supplémentaires à travers le monde entre la fin 2020 et 2024 : c’est ce que révèle la estimation la plus approfondie de l’impact des campagnes de vaccination sur la santé publique mondiale.
D’après cette étude, menée par l’Université Catholique du Sacré-Cœur de Milan en collaboration avec l’Université de Stanford en Californie, les vaccins contre le Covid ont permis de préserver au total près de 14,8 millions d’années de vie à l’échelle planétaire, soit environ un an de vie sauvée pour chaque 900 doses administrées.
Même après la « fin officielle » de la pandémie
Les chiffres présentés dans cette étude publiée dans la revue scientifique JAMA Health Forum ne constituent pas la première estimation des années de vie sauvées grâce aux vaccins anti-Covid, qui ont permis de sortir la majorité de la population mondiale de la crise sanitaire. Toutefois, la nouveauté de cette recherche réside dans la période analysée : du début des campagnes vaccinales à la fin 2020 jusqu’à octobre 2024. Autrement dit, bien au-delà du 5 mai 2023, date officielle fixée par l’OMS pour la fin de l’état d’urgence sanitaire lié à la Covid.
Alors que, durant ces trois années, le virus avait causé environ 20 millions de décès dans le monde (un chiffre qui pourrait être encore plus élevé), le SARS-CoV-2 a continué à circuler et à affecter principalement les populations les plus vulnérables. La nouvelle étude met en lumière la façon dont la vaccination a poursuivi – et continue – à nous protéger.
Qui a bénéficié le plus des vaccins ?
Les vaccins contre le SARS-CoV-2 ont permis d’éviter plus de 2,5 millions de morts, ce qui correspond à une vie sauvée toutes les 5 400 doses administrées. La majorité des vies préservées concerne des personnes vaccinées avant leur infection ; 57 % des décès évités ont eu lieu lors de la période de la vague Omicron, en 2022 ; et 90 % des décès évités concernent les personnes âgées de plus de 60 ans.
Les chercheurs sont parvenus à ces conclusions en utilisant des méthodes statistiques pour analyser qui, parmi les personnes ayant contracté la Covid-19, l’avait fait avant ou après la vaccination, dans quelle période, sous quelle variante, tout en comptabilisant le nombre de morts (et leur âge). Ces données ont été comparées aux estimations du nombre de morts qui auraient eu lieu si les vaccins n’avaient pas été déployés.
Près de 76 % des années de vie sauvées portent sur des personnes de plus de 60 ans, même si la contribution des résidents des maisons de retraite à ce total ne dépasse pas 2 %. La tranche d’âge des enfants et adolescents représente 0,01 % des années de vie épargnées, tandis que les jeunes adultes de 20 à 29 ans n’en représentent que 0,07 %.