L’influence partielle du museau court chez les chiens sur leur comportement

Les chiens à muso écrasé : entre anatomie et comportement

En sciences canines, on parle techniquement de « chiens brachycéphales », mais la majorité des propriétaires et passionnés les connaissent sous le nom de « chiens au visage écrasé » ou simplement par leur race : bouledogue, boxer, carlin. Ces races font partie des plus populaires et répandues en France, car elles sont perçues comme amicales avec l’humain, joueuses et affectueuses.

Mais existe-t-il un lien tangible entre la forme de leur museau et leur comportement ? Oui, mais pas seulement, répond une étude publiée dans la revue Animals. Si la brachycéphalie semble avoir une certaine influence sur la manière dont ces chiens se comportent, il apparaît que d’autres facteurs jouent un rôle plus déterminant. En somme : la réalité est un peu plus complexe qu’il n’y paraît…

À propos de leur popularité et des problèmes de santé associés

Avec leur visage si particulier… Le succès insolent des chiens brachycéphales n’a jamais cessé de fasciner ou de susciter la curiosité. Ces chiens ont tendance à souffrir davantage d’allergies, de problèmes de peau, de troubles oculaires et surtout de difficultés respiratoires, en raison de la forme de leur museau court. C’est précisément cette particularité qui contribue à leur popularité, car elle leur donne un visage « d’enfant » ou « mignon », avec des traits enfantins qui, avouons-le, les rendent plus… attendrissants, même si ce n’est pas un terme technique.

Certaines études montrent également que ces chiens ont une tendance accrue à établir un contact visuel fréquent avec leur entourage humain, et qu’ils sont généralement plus obéissants aux ordres donnés par signes ou gestes.

Le verdict de l’étude

L’étude. Le groupe de chercheurs de l’Université Eötvös Loránd de Trnava, en Slovaquie, a décidé d’analyser en profondeur la question pour comprendre dans quelle mesure l’anatomie du visage influence le comportement du chien. Ils ont étudié plus de 5 000 chiens de race pure, en tenant compte de leur morphologie, de leur personnalité et de leur comportement, afin de voir si la longueur ou la forme du museau pouvait avoir un effet certain sur ces aspects.

Et la réponse ? Si l’on ne considère que la forme du museau, ces chiens à face plate déjouent les idées reçues : ils sont plus difficiles à dresser, répondent moins souvent aux rappels, et ont tendance à réagir de manière excessive lorsqu’un invité pénètre dans leur domicile.

Au-delà de la morphologie : d’autres facteurs entrent en jeu

Une analyse plus poussée. L’étude a également cherché à dresser un profil type de ces chiens et de leurs maîtres. Elle a révélé qu’en moyenne, les chiens à face courte sont généralement petits, jeunes, non stérilisés, mal dressés, vivent presque exclusivement en intérieur et sont souvent la propriété de jeunes femmes qui n’ont jamais possédé de chien auparavant, vivent seules et consacrent beaucoup de temps à leur animal.

Tous ces éléments « éclipsent » en partie l’impact de la morphologie : si vous avez déjà eu un chien, vous savez sans doute que la capacité d’éducation dépend surtout de l’expérience et du contexte. Le comportement des brachycéphales qui vivent avec une personne novice en matière canine dépend beaucoup plus de cette dernière que de la forme de leur visage.

La génétique n’a pas tout à voir

Les analyses additionnelles ont confirmé que la forme du museau a peu ou pas d’impact sur la facilité à dresser ces chiens. La taille joue ici un rôle beaucoup plus important. Cependant, il existe certains traits de comportement qui se dégagent plus nettement chez ces chiens à face courte : par exemple, leur tendance à ne pas s’accorder facilement avec d’autres chiens ou leur propension à sauter dans les bras des gens. De même, leur réactivité est souvent limitée : lorsqu’un chien à museau court se montre excessif, c’est généralement parce qu’il a été mal socialisé ou mal éduqué, ou qu’il a été gâté.

La génétique, en fin de compte, n’est pas le facteur déterminant. Un brachycéphale bien éduqué sera généralement moins sujet à certains comportements indésirables qu’un chien au museau long. En conclusion, bien que tout soit plus ou moins compliqué, la brachycéphalie a effectivement une certaine influence directe sur le comportement, mais l’éducation et la bonne socialisation restent essentielles.

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