La lecture sur papier semble permettre au cerveau d’organiser plus efficacement les différentes parties d’une histoire: l’expérience autour des mangas et leur narration visuelle.
Lire un manga est, pour les amateurs du genre, toujours une expérience épanouissante; mais le faire sur papier a, pour le cerveau, une valeur différente par rapport à la lecture sur tablette. Le support papier semblerait en effet permettre une meilleure compréhension de la structure narrative, car il pousse le cerveau à coder les différentes parties de l’histoire de manière plus efficace. Cela a été vérifié par un groupe de chercheurs japonais, qui a décrit les résultats de l’étude sur PLOS One.
Ce qui a été constaté pour les mangas, choisis parce qu’ils associent aux dialogues « parlés » des informations visuelles qui facilitent la mémorisation, pourrait aussi valoir pour d’autres genres, comme les romans et d’autres supports écrits.
Più modalità di lettura
Dans l’expérience coordonnée par Kuniyoshi Sakai, neuroscienziiste spécialiste du langage à l’Université de Tokyo, 29 étudiants ont participé, et ont dû lire un manga divisé en deux parties, chacune reflétant le point de vue de l’un des deux protagonistes. Tous ont lu le même manga, mais la première partie a été proposée selon deux modes différents: sur support papier ou sur support numérique.
La seconde partie a été lue par tous dans un appareil d’IRMf (fMRI), une technique qui montre l’activité cérébrale en mesurant l’afflux sanguin dans les différentes régions, et à travers des lunettes LCD, des lunettes intelligentes permettant d’afficher des données pour celui qui les porte: comme l’IRMf contient un aimant supraconducteur, la tablette ne peut pas y entrer.
Informations plus intégrées
Pendant qu’ils se trouvaient dans l’IRMf, les participants ont aussi dû répondre à certaines questions sur l’histoire qu’ils venaient de lire. Les réponses étaient tout aussi exactes, mais ceux qui avaient lu la première moitié du manga sur tablette ont mis plus de temps à répondre aux questions les plus complexes, celles qui exigeaient d’intégrer des informations provenant des deux moitiés de l’histoire et des deux points de vue.
Les scans cérébraux ont confirmé ce résultat: ceux qui avaient lu la première moitié de l’histoire sur papier ont montré, pendant la lecture de la seconde dans l’IRMf, une activation réduite par rapport au groupe ayant lu sur tablette, dans les régions du cortex préfrontal dédiées au langage et à l’intégration linguistique et narrative. C’était comme si l’essentiel du travail d’organisation des informations de l’histoire avait déjà été accompli, et demandait désormais moins d’effort.
Sfogliare per comprendere
Bien que l’étude n’ait pas été conçue pour vérifier la raison de ce prétendu avantage offert par le papier, une explication possible pourrait résider dans sa capacité à fournir des repères spatiaux et tactiles stables, par définition absents des dispositifs numériques.
Ces points d’ancrage pourraient aider le cerveau à organiser les informations narratives de manière plus efficace, et favoriser une lecture et une réflexion plus profondes. C’est une théorie encore à démontrer, mais qui pourrait être examinée aussi pour d’autres « contrastes » de notre époque, comme l’écriture sur clavier et l’écriture manuscrite.