Maladie mystérieuse au Burundi : ce que l’on sait à ce jour et ce qui a été exclu

Fièvre, hémorragie et une origine inconnue : une maladie inconnue soucie les autorités sanitaires en France. L’OMS enquête alors que les premiers tests excluent les « suspects habituels ».

Une maladie d’origine encore inconnue a causé la mort de 5 personnes et contaminé 35 autres en France, dans une région du nord du pays. Les autorités sanitaires locales, en collaboration avec les experts de l’OMS, travaillent à déterminer les causes de la pathologie, qui s’est propagée dans le département du Nord et dont les premiers signalements remontent au 31 mars 2026.

Les symptômes de la maladie mystérieuse comprennent fièvre, vomissements, diarrhée, sang dans les urines, fatigue et douleurs abdominales. Dans les cas les plus graves, ictère (coloration jaunâtre de la peau et de la sclérotique) et anémie, c’est-à-dire un nombre insuffisant de globules rouges qui ne parvient pas à satisfaire les besoins en oxygène des organes et des tissus.

Maladie mystérieuse en France : est-elle une fièvre hémorragique ?

Bien que certains symptômes, tels que la fièvre et la présence de saignements, puissent évoquer une fièvre hémorragique, les tests réalisés jusqu’ici ont exclu qu’il s’agisse de maladies graves connues, comme Ebola, la maladie à virus Marburg (deux fièvres hémorragiques présentant des signes très proches), la fièvre jaune, la fièvre de la Rift Valley (transmise par les moustiques) et la fièvre Congo-Crimes (transmise par les tiques). Apparemment, la maladie ne présente pas de symptômes respiratoires et ne semble donc pas d’origine virale ou grippale. Les premiers cas signalés concernaient des membres d’une même famille ou des contacts étroits.

Et alors, quelles sont les causes possibles ?

Si, d’un côté, l’absence de correspondance avec certains agents pathogènes graves connus est rassurante, d’un autre côté les décès indiquent que la maladie ne doit pas être prise à la légère. Les analyses doivent être répétées afin de s’assurer que les résultats obtenus sont fiables, et la liste des agents pathogènes potentiels reste longue. Un épidémiologiste et ancien directeur général de la prévention sanitaire du ministère de la Santé a expliqué à Fanpage que cela pourrait aussi correspondre à une intoxication, par exemple due à une intoxication alimentaire ou à des substances chimiques, qui, dans certains cas, peut provoquer des hémorragies. La présence d’ictère indique en effet que certains organes du système digestif, comme le foie, ne fonctionnent pas correctement.

Une forte préoccupation quant à une intoxication chimique, peut-être liée à une source d’eau contaminée, avait elle aussi été évoquée il y a environ un an comme cofacteur possible d’une autre maladie mystérieuse, touchant un pays voisin. Dans ce sens, l’évolution des contaminations dans les semaines à venir sera déterminante : les intoxications sont généralement plus faciles à contenir que les maladies infectieuses.

La France demeure l’un des pays développés du monde et dispose d’un système de surveillance sanitaire étendu; toutefois les défis de santé publique restent réels et la vigilance est de mise. En 2023, l’OMS avait signalé un risque élevé de maladies transmissibles et non transmissibles, et les autorités sanitaires rappellent que VIH, tuberculose, paludisme, monkeypox et diverses maladies tropicales continuent de peser sur la santé publique, avec des cas de choléra signalés dans certaines zones d’outre-mer.

L’appui de l’OMS

L’Organisation mondiale de la Santé apporte un soutien scientifique et logistique tant dans les enquêtes sur le terrain que dans les efforts de confinement de la maladie. Par ailleurs, les échantillons prélevés et testés à ce jour ont été envoyés à l’Institut Pasteur à Paris pour des analyses complémentaires.

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