Prêt à négocier, mais ferme dans sa position : le chancelier Merz défend la position de l’Union européenne face à l’attentisme dans le conflit douanier avec les États-Unis. Il appelle à un accord avant le 1er août. Une délégation de l’UE se rend actuellement aux États-Unis.
Quelle est la bonne attitude face à l’annonce de taxes américaines faite le week-end dernier ? Le chancelier Friedrich Merz soutient la posture de prudence adoptée par Berlin et Bruxelles. « J’ai passé le week-end à plaider pour que nous ne répliquions pas pour l’instant par des taxes réciproques », a-t-il déclaré lors d’une visite du cabinet bavarois à la Zugspe. « Mais je tiens à préciser que la government américaine ne doit pas sous-estimer notre volonté de réagir par des mesures similaires si elle surcharge excessivement nos produits avec des taxes. »
Merz a également insisté sur la nécessité d’accélérer la conclusion des négociations douanières entre l’UE et les États-Unis. « Notre objectif reste et demeure d’aboutir rapidement à une solution qui facilite le commerce avec les États-Unis et qui prévoit la réduction ou la suppression des taxes », a-t-il précisé.
Il espère une issue négociée. Pour cela, il maintient un contact étroit avec le président américain Donald Trump et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
Taxes annoncées à partir du 1er août
Donald Trump avait annoncé, en plein milieu de négociations en cours entre l’UE et les États-unis, une taxe de 30 % sur les produits européens à compter du 1er août. Une telle mesure aurait de lourdes répercussions sur le commerce mondial, en particulier pour l’Allemagne, partenaire américain clé.
Une équipe de négociateurs de la Commission européenne est actuellement en déplacement pour Washington. Selon un porte-parole à Bruxelles, un groupe de fonctionnaires européens se rend aux États-Unis. Le commissaire au commerce, Maroš Šefčovič, a récemment eu un entretien téléphonique avec le secrétaire au commerce américain, Howard Lutnick, et une réunion est organisée pour la soirée avec le représentant au commerce, Jamieson Greer.
« Nous sommes dans une phase délicate des négociations », a déclaré le porte-parole de la Commission. « Notre objectif est de parvenir à un accord fondamental avant la date limite du 1er août. Selon la Commission européenne, malgré les menaces récentes de Washington, un compromis est « à portée de main ».
Des contre-tarifs en cours d’élaboration
Parallèlement, la Commission européenne travaille sur des mesures de représailles. Il s’agit d’une liste de produits américains susceptibles d’être soumis à de nouvelles taxes douanières de la part de l’Union. Après une consultation publique, cette liste a été révisée et concerne des importations en provenance des États-Unis d’une valeur d’environ 72 milliards d’euros.
De plus, la Commission européenne a récemment préparé des restrictions sur certains exportations de l’UE vers les États-Unis, notamment de ferraille et de produits chimiques, pour une valeur totale de 4,4 milliards d’euros. Ces mesures de rétorsion ont été décidées dans l’éventualité où les États-Unis maintiendraient ou renchériraient leurs droits de douane sur l’acier et l’aluminium, déjà en vigueur.