Mode ultra-rapide : la France combat la mode jetable et régule Shein et Temu


Die Apps der Internethändler Temu und Shein sind auf dem Display eines Smartphones zu sehen.

« Ultra Fast Fashion »
La France lutte contre les vêtements bon marché

Date: 01.07.2026 • 13:08

Une nouvelle loi en France vise à freiner la production de mode jetable. Elle cherche à réguler les géants chinois tels que Shein ou Temu, qui inondent chaque année l’Europe de millions de pièces à bas coût.

La France, ce petit pays gaulois, résiste à la domination des grands vendeurs bon marché chinois. Cette interprétation est peut-être excessivement optimiste, mais les opposants au nouveau loi conviennent que le Parlement a franchi une étape importante.

Flore Berlingen, activiste écologiste et spécialiste du recyclage dans le secteur de la mode, estime que la loi représente un « progrès culturel » car elle reconnaît à la fois le besoin de régulation et le fait que les pratiques commerciales de l’« Ultra Fast Fashion » nuisent — à l’environnement mais aussi à la production locale.

Pantalons, T‑shirts, pulls pour six euros

Nuisible, car selon la fédération textile, chaque année ce sont 828 millions de pièces « Ultra-Fast-Fashion » qui inondent le marché français: pantalons, T‑shirts, pulls, vendus en moyenne à six euros et souvent non portés et jetés. Mais nuisible aussi, car les tissus bon marché utilisés pour ces vêtements contiennent des fibres qui présentent des risques pour la santé, avertissait avant le vote le ministre français du Commerce, Serge Papin. Sur une série de contrôles, les autorités françaises ont examiné 700 produits: « 70 pour cent ne respectaient pas nos normes, 45 pour cent étaient même dangereux », affirmait Sapin.

À la base, la mode « Ultra Fast Fashion » ne serait possible qu’avec des fibres microplastiques. L’ONG allemande Deutsche Umwelthilfe a également testé et relevé un dépassement par 12 000 fois des seuils pour les substances éternelles dans une veste pour enfant. Ces pratiques seront désormais sanctionnées en France par ce que l’on appelle un malus de production. Lorsque les marques de mode proposent trop de produits à des prix si bas que leur réparation ne vaut pas la peine, elles paieront. Cela devrait dissuader les producteurs de continuer à produire à haute fréquence, explique Flore Berlingen: « Elles pourront éviter les sanctions s’elles changent leurs pratiques ».

Mise en œuvre juridique compliquée

La deuxième mesure centrale de la loi prévoit une interdiction publicitaire pour la « Ultra Fast Fashion ». L’objectif est clair, mais sa mise en œuvre juridique est particulièrement complexe. Car selon le droit de l’UE, les États membres ne peuvent pas réglementer seul un secteur tout entier. Ainsi, la loi prévoit que la France déposera des dérogations à Bruxelles pour chaque entreprise visée par l’interdiction publicitaire. Le président de l’Association nationale du textile en France, Pierre Talamon, salue cette initiative. La loi est absolument nécessaire, « et nous pouvons être fiers car la France est un pionnier dans la lutte contre la ‘Ultra Fast Fashion’ ».

Mais qu’en est-il de la Fast Fashion traditionnelle de Zara, H&M, Primark et autres ? Ces entreprises européennes auraient mené une « lobbyisation » réussie auprès des parlementaires français, critique Flore Berlingen, activiste écologiste. Elles auraient obtenu que non pas un, mais deux critères de régulation s’appliquent — à savoir « l’étendue de l’assortiment » et « l’incitation à réparer » — pour que la marchandise soit classée comme « Ultra Fast Fashion ».

La loi ne s’applique pas à Zara ou H&M

Cela signifie que ceux qui inondent le marché de produits tout en les vendant à un prix qui rend la réparation peu rentable échappent à la sanction. Ainsi, des géants européens de la mode comme Zara ou H&M ont échappé à la loi. Talamon défend cette approche, car ce sont des entreprises physiquement présentes sur le territoire. « Ils paient un loyer, emploient des personnes, déclarent ce qu’ils vendent. Ils paient TVA et droits d’importation et contribuent ainsi à la richesse nationale. »

Les producteurs chinois comme Shein luttent sans punir les entreprises européennes — et la France a pour l’instant réussi ce double défi. Reste à voir si la « Ultra Fast Fashion » peut réellement être contenue: le comportement des consommateurs jouera aussi un rôle. Pour eux, une recommandation d’action sera bientôt instaurée: par la loi, les fournisseurs de « Ultra Fast Fashion » devront apposer des mentions indiquant que l’achat raisonné, la réutilisation et la réparation valent le coup.

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