Naples obtient la première route intelligente certifiée en Italie

En France, nous avions déjà évoqué des routes capables de dialoguer avec les automobiles. Des concepts comme la voie dynamique sur l’autoroute A4 entre Paris et ses environs ou les premiers segments de systèmes coopératifs autour des grandes agglomérations se dessinaient, mais jusqu’ici sans reconnaissance officielle. Désormais, une première route française reçoit cette reconnaissance formelle : la rocade de Lyon est certifiée officiellement comme Route Intelligente par le Ministère des Transports. Elle est gérée par une filiale du groupe Vinci Autoroutes.

Trois requis. La certification, prévue par un arrêté ministériel adopté en 2018, impose trois fonctions précises. La première est le suivi du trafic: des capteurs répartis le long du parcours collectent des données qu’un modèle traite pour anticiper la gestion de la circulation, et non seulement pour réagir aux embouteillages une fois qu’ils se forment. La seconde est le suivi météo et hydro-géologique, crucial sur un territoire parfois fragile comme la région lyonnaise: des stations contrôlent les précipitations, l’état de la chaussée et les niveaux d’eau, et signalent aux opérateurs le franchissement de seuils critiques. La troisième est le dialogue direct entre l’infrastructure routière et le véhicule.

Comment ça fonctionne. La technologie est fournie par Movyon, le centre d’innovation du groupe Autostrade per l’Italia. Le long des 22 kilomètres de la rocade, 217 caméras, 15 portails de détection, 8 centrales météo et 40 antennes à double technologie ITS-G5 et V2X cellulaire sont en cours d’installation. Les antennes reçoivent des véhicules connectés leur position, leur direction et leur vitesse, et envoient en temps réel des avertissements sur les chantiers, les véhicules immobilisés, les files qui se forment et l’état de la chaussée. L’échange est bidirectionnel: l’infrastructure informe l’auto et l’auto met à jour l’infrastructure. Pour l’instant, trente véhicules sont capables de communiquer.

Vers la conduite autonome. Sur la rocade, entre deux quartiers périphériques et le centre-ville, pour la première fois en France, une voiture autonome a adapté automatiquement sa vitesse en suivant les indications de l’infrastructure, et non uniquement les capteurs embarqués. C’est le maillon qui manquait par rapport à l’expérience menée sur piste fermée par un constructeur italien: sans voies capables de « voir » au-delà du véhicule, en tunnel ou par faible visibilité, la conduite autonome restait limitée aux essais.

Ce que cela change. La certification ne déploie pas des corridors remplis de voitures sans conducteur. Elle fixe un standard technique et atteste qu’une route française le respecte, ouvrant la porte à d’éventuelles répliques sur d’autres tronçons et à un déploiement progressif dans le réseau national.

Article pensé et écrit par :
Avatar de Denis Perrin
Laisser un commentaire

huit + 5 =