Le document qui est élaboré pour les élèves pour lesquels des besoins pédagogiques spécifiques ont été identifiés, mais qui ne relèvent pas d’un handicap. Lorsqu’il s’agit d’élèves avec besoins éducatifs particuliers (BEP), c’est la classe ou le conseil de classe qui décide s’il est pertinent de rédiger un Projet Personnel de Success (PPS). En revanche, pour les enfants et adolescents présentant des Troubles Spécifiques des Apprentissages (TSA), la rédaction de ce document devient une obligation légale.
Il arrive parfois que les enseignants optent pour des mesures pédagogiques différentes en fonction de chaque élève. Cette pratique peut surprendre certains parents, qui pourraient penser qu’il serait plus équitable d’offrir à tous les enfants les mêmes outils et les mêmes dispositifs. Cependant, cette approche soulève une question essentielle : est-ce vraiment la meilleure façon d’assurer une évaluation juste et équitable ?
En milieu scolaire, il est important de comprendre que les enseignants n’ont pas tous des élèves « identiques », avec les mêmes rythmes d’apprentissage ou caractéristiques neuropsychologiques. La mise en place de mesures différenciées est donc souvent nécessaire pour garantir à chaque élève l’accès au droit à la scolarité et à la réussite éducative. C’est dans ce contexte que l’on peut élaborer, selon les situations, un véritable plan d’intervention appelé Projet Pédagogique Personnalisé (PPP), ou, dans d’autres cas, le Projet Éducatif Individualisé (PEI).
Dans cet article, nous approfondirons la notion de Projet Pédagogique Personnalisé, comment le rédiger, et en quoi il diffère du PEI.
Qu’est-ce qu’un projet pédagogique personnalisé ?
Le PPP est une démarche nécessaire à l’école lorsque les caractéristiques des élèves nécessitent un parcours adapté. Il s’agit d’un document qui compile à la fois une description des particularités de l’élève (forces, faiblesses, nature du trouble) et les modalités pédagogiques qui seront employées.
Ce document détaille les données relatives à l’élève, le fonctionnement de ses compétences instrumentales et son processus d’apprentissage. Il précise aussi, pour chaque matière, les méthodes que l’enseignant envisage d’adopter pour atteindre les objectifs pédagogiques, en détaillant notamment :
- les stratégies et méthodes pédagogiques ;
- les outils compensatoires ;
- les mesures d’exemption ou d’adaptation ;
- les modalités d’évaluation ;
- les critères de notation.
Le PPP peut être instauré dans la majorité des cas de besoins éducatifs particuliers (BEP), un terme que nous expliquons plus en détail dans cet article.
Différence entre PEI et PPP
Comme le montre le tableau en fin de paragraphe, le PPP est élaboré pour les élèves présentant des besoins pédagogiques spécifiques sans qu’il s’agisse d’un handicap reconnu. Dans les cas de handicap, le document pertinent est quant à lui le Projet Éducatif Individualisé (PEI). La distinction principale entre PEI et PPP réside dans leur contenu et leur mode de définition.
Le PEI vise à établir une réponse éducative adaptée pour les élèves avec handicap, afin de favoriser leur inclusion scolaire. Il est élaboré au début de chaque année scolaire par les enseignants, en collaboration avec la famille et les intervenants de santé ayant établi le diagnostic fonctionnel de l’élève concerné.
(extrait de Marcella Peroni, Pierluigi Cafaro, Sonia Lipparini, Francesca Ciceri, Dalla diagnosi alla pratica didattica. La Vita Scolastica, n°1. Giunti Scuola, Florence, 2018.)
Comment rédiger un PPP
Voici les principes à suivre pour élaborer un PPP efficace à l’école.
PPP pour BEP et PPP pour TSA
Pour les élèves avec besoins éducatifs particuliers qui ne relèvent pas de la protection prévue par la loi 104/1992 ou la loi 170/2010, c’est le conseil de classe qui décide si la rédaction d’un PPP est souhaitable. En revanche, pour les élèves présentant un Trouble Specific des Apprentissages (TSA), la rédaction du PPP est une obligation légale. Selon les lignes directrices du décret ministériel de 2011, ce document doit préciser : « Les activités de remédiation individualisée, les modalités pédagogiques personnalisées, ainsi que les outils compensatoires et mesures d’exemption devront être explicitement créés et formalisés par les établissements scolaires afin de garantir la continuité pédagogique et la communication avec la famille. »
La constitution du PPP pour les élèves avec TSA doit comporter au minimum :
- les données personnelles de l’élève ;
- le type de trouble ;
- les activités pédagogiques individualisées ;
- les activités pédagogiques adaptées ;
- les outils compensatoires utilisés ;
- les mesures d’exemption adoptées ;
- les modalités d’évaluation adaptées.
Qui rédige le PPP ?
Après la confirmation du diagnostic, la rédaction du PPP à l’école est l’affaire des enseignants, qui peuvent être aidés par le référent TSA, chargé de coordonner cette démarche — il organise aussi les réunions avec les familles et participe aux formations pour les enseignants.
Il est également essentiel que la communication avec la famille soit fluide : celle-ci peut transmettre ses observations sur les expériences de l’élève, y compris en dehors du cadre scolaire, et partager ses remarques éventuelles. En accord avec les parents, les enseignants peuvent aussi collaborer avec les spécialistes qui ont réalisé l’évaluation neuropsychologique ou d’autres professionnels en charge de l’élève. Ces intervenants peuvent apporter une contribution précieuse en traduisant la diagnosis et en apportant des observations dans différents contextes, pour mieux guider les adaptations à l’école. Cependant, il est important de respecter le rôle de chacun : les enseignants sont responsables de la proposition de mesures à soumettre à la famille et de la rédaction du PPP, tout en évitant de contredire les recommandations des spécialistes.
PPP : école primaire et collège
Le ministère recommande de partager le projet avec la famille avant sa validation, afin que les parents puissent le consulter, le comprendre et l’expliquer éventuellement à l’élève. Il est essentiel de faire en sorte que l’élève devienne acteur de son parcours d’apprentissage, en tenant compte de son âge. Le PPP doit être rédigé aussi bien pour l’école primaire que pour le collège ou le lycée, en précisant, selon le cycle, les objectifs pédagogiques à atteindre.
Ce processus vise à faire du PPP un véritable outil de collaboration, plutôt qu’une simple démarche administrative. Il doit favoriser une responsabilisation partagée entre école, famille et élève avec TSA, afin d’optimiser les conditions d’apprentissage et d’enseignement. Après approbation, la famille doit pouvoir obtenir une copie du PPP auprès de l’établissement scolaire.
Pour rédiger un PPP dans le contexte de l’école primaire ou secondaire, les enseignants doivent prendre en compte les caractéristiques de l’élève, traduire en actions concrètes les recommandations des évaluations neuropsychologiques, et échanger avec les parents.
En ce qui concerne les mesures compensatoires et d’exemption, il convient de faire une distinction entre actions et outils :
Par exemple, dans le domaine de la compréhension écrite, une démarche d’enseignement explicite des stratégies de compréhension (s’attarder sur ce qu’il faut faire avant, pendant et après la lecture) constitue une mesure compensatoire, tandis que l’utilisation d’un synthétiseur vocal, d’un dictionnaire numérique ou la présentation de matériel adapté relèvent des outils compensatoires.
Exemple de PPP
Il existe des modèles de PPP fournis par le Ministère. Cependant, chaque établissement peut élaborer son propre modèle de manière autonome. On retrouve donc des PPP très différents : certains sont narratifs, d’autres plus schématiques, mentionnant sous forme de listes numérotées les outils, mesures et modalités d’évaluation, avec des codes numériques qui correspondent aux diverses matières.
Mesures d’exemption et outils compensatoires
L’élève avec TSA peut être dispensé de certaines prestations jugées non essentielles à l’acquisition des notions à apprendre. Selon la discipline et le cas, ces dispensations peuvent concerner :
- la lecture à voix haute ;
- l’écriture sous dictée ;
- la prise de notes ;
- la copie depuis le tableau ;
- le respect des délais pour rendre les devoirs ;
- la quantité excessive de devoirs à faire à la maison ;
- la réalisation de plusieurs épreuves d’évaluation en peu de temps ;
- l’apprentissage par cœur de formules, tableaux ou définitions ;
- la substitution de l’écrit par un langage oral ou iconographique.
De plus, l’élève avec TSA peut bénéficier d’outils compensatoires permettant de pallier les carences fonctionnelles liées au trouble. Ces aides facilitent les tâches automatiques, favorisent la concentration sur les aspects cognitifs, et ont également un impact positif sur la rapidité et la précision. Selon le domaine concerné, ces outils peuvent inclure :
- des formulaires, synthèses, schémas ou cartes conceptuelles ;
- des tableaux de formules géométriques ou de données ;
- un ordinateur équipé d’un logiciel de traitement de texte, d’un correcteur orthographique, d’une imprimante et d’un scanner ;
- une calculatrice ou un ordinateur avec tableur et imprimante ;
- un enregistreur ou des ressources audio (synthèse vocale, livres audio, livres numériques) ;
- des logiciels spécialisés ;
- un ordinateur avec synthèse vocale intégrée ;
- un dictionnaire multimédia.
Quand créer un PPP à l’école ?
Le PPP doit être élaboré dans un délai maximum de trois mois après la rentrée scolaire ou, si le diagnostic est remis en cours d’année, dans les plus brefs délais (dans ce dernier cas, le diagnostic doit être fourni au plus tard le 31 mars pour permettre la réalisation du PPP, sauf s’il s’agit d’un diagnostic initial).
Chaque année, le PPP doit être actualisé, car les caractéristiques des élèves évoluent avec le temps. Les objectifs aussi doivent s’adapter. Jusqu’à ce qu’un nouveau PPP soit établi, celui de l’année précédente reste valable, même lors du passage d’un cycle à l’autre, par exemple du primaire vers le collège.
Réaliser un PPP peut prendre plusieurs semaines, voire un trimestre, une période qui peut sembler longue mais qui est parfois nécessaire pour que les enseignants puissent observer, recueillir et analyser des informations pertinentes. Pendant cette étape, tant que le document n’est pas encore finalisé, il est conseillé de s’appuyer sur les évaluations neuropsychologiques et de faire preuve de bon sens pour ne pas désorienter les élèves ayant des difficultés avérées.
Une fois que le PPP est validé, partagé et adopté, il reste toutefois modifiable si nécessaire. Certaines mesures peuvent s’avérer inefficaces ou inadaptées en cours d’année, et il est donc important de pouvoir ajuster le dispositif. Les lignes directrices concernant les TSA insistent sur la nécessité d’un suivi régulier du PPP pour vérifier sa pertinence par rapport aux objectifs fixés. En ce sens, le PPP demeure un document souple et susceptible d’être révisé.
Conclusion
Une image très connue illustre trois enfants de hauteurs différentes regardant un match de baseball derrière une barrière. La première illustration montre chaque enfant debout sur une caisse en bois. Le plus petit, malgré ce soutien, ne peut toujours pas voir par-dessus la barrière, contrairement aux deux autres. La seconde image montre que les caisses ont été redistribuées pour permettre à tous de voir le match : la caisse du plus grand a été enlevée puisqu’il peut voir sans support, tandis que la caisse du second garçon est conservée, et le plus petit en bénéficie avec deux caisses.
Comme le montre cette illustration, le PPP a pour mission de trouver et de mettre en place des supports pour que tous puissent évoluer dans des conditions équitables, évitant ainsi de faire « des parties égales entre des dissemblables ». La dernière image montre la barrière remplacée par un filet, permettant à tous de voir la partie sans support supplémentaire. Cela illustre que si l’on parvient à instaurer une véritable inclusion dans le système scolaire, il se pourrait que le PPP ne soit plus nécessaire. Cependant, il reste pour l’instant un outil précieux pour accompagner cette inclusion, jusqu’à ce que celle-ci devienne une réalité quotidienne.**