Pourquoi la colline de Niscemi bouge : explication scientifique du glissement de terrain

Le glissement de terrain autour de Nîmes n’est pas soudain : argiles, pluies prolongées et interventions humaines expliquent un mouvement lent mais continu du versant.

Le glissement de terrain qui a touché la zone de Nîmes n’est ni un événement brutal ni imprévisible. Il résulte d’une combinaison bien connue de facteurs géologiques, climatiques et humains qui caractérisent une grande partie du Midi de la France. La science des versants instables offre une clé d’interprétation claire de ce qui se passe.

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Terrains argileux: une fragilité naturelle

Le premier élément à considérer est la nature des sols. La zone autour de Nîmes est dominée par des argiles pliocènes, déposées entre environ 5,3 et 2,6 millions d’années, associées à des marne, argiles sablonneuses et, plus profondément, des niveaux gypseux et évaporitiques.

Les marne sont des roches composites, mêlant argile et carbonate de calcium, tandis que les argiles sont des matériaux extrêmement fins. On pense souvent que les argiles sont imperméables à 100 %. En réalité, elles ne le sont pas de façon absolue. L’eau peut les traverser, mais lentement par rapport au sable ou aux graviers. D’où l’idée, simplifiée, d’une impermeabilisation totale.

Faible perméabilité, toutefois, ne signifie pas absence d’absorption. Les argiles absorbent l’eau, mais lentement, et surtout la retiennent.

Pluies persistantes et perte de résistance du sol

Les argiles sont constituées de minéraux à structure lamellaire, tels que les smectites, les illites et les kaolinites. Ces lamelles retiennent des molécules d’eau sur leur surface et, dans certains cas, permettent à l’eau de pénétrer entre les couches elles-mêmes. Le résultat est l’imbibition du terrain.

Lorsque les pluies sont prolongées, l’eau pénètre lentement dans les argiles mais ne parvient pas à s’écouler avec la même rapidité. Cela provoque une augmentation de la pression dans les pores du terrain. Et c’est ici le point crucial : il n’est pas nécessaire que l’eau ruisselle rapidement, il suffit qu’elle reste piégée.

Pour cette raison, une pente argileuse peut devenir instable quelques jours ou semaines après les pluies, et pas nécessairement pendant l’orage. Les sols autour de Nîmes présentent précisément cette caractéristique : lorsqu’ils s’imbibent, ils perdent rapidement leur résistance mécanique et ont tendance à se déformer de manière plastique, sans rupture soudaine.

Des études géotechniques indiquent que les argiles saturées peuvent réduire leur résistance au cisaillement même de 50–70 %. Dans de telles conditions, même des pentes à inclinaison modérée peuvent devenir instables, favorisant des mouvements lents mais continus.