Réactions économiques
La défaite d’Orbán dynamise la Bourse
La nette victoire du parti TISZA lors des élections législatives en Hongrie est bien accueillie sur les marchés financiers. On prévoit désormais une politique qui privilégie davantage une économie de marché fonctionnelle.
Non seulement sur la scène politique européenne, mais aussi les investisseurs des marchés financiers ont accueilli favorablement la victoire du candidat adversaire de Viktor Orban lors des législatives. L’indice phare hongrois, le BUX, a gagné jusqu’à 3,3 %, atteignant environ 137 261 points, un nouveau record historique. La raison: les investisseurs espèrent un virage décidé sur les questions économiques et européennes.
Économie attend un cap pro-européen
Le parti TISZA et le vainqueur Péter Magyar sont perçus comme plus orientés pro-européens que le système Orban. Toutefois, l’indice européen de référence EuroStoxx 50 reste en territoire négatif aujourd’hui. La crainte d’une escalade du conflit au Moyen-Orient entre l’Iran et les États‑Unis, voire Israël, semble l’emporter.
En Hongrie, Magyar est perçu comme poussant une trajectoire nettement plus pro-européenne, axée sur l’intégration et moins sur les confrontations avec Bruxelles, ce qui devrait améliorer le climat économique du pays.
“Magyar est pour l’Europe, et il est lui‑même député européen. Il souhaite améliorer nettement les relations avec l’UE”, affirme Kirsten Grieß de Germany Trade & Invest (GTAI), qui dirige son bureau à Budapest, lors d’un entretien avec la rédaction financière de l’ARD.
Kirsten Grieß, Germany Trade & Invest (GTAI)
Moins d’ingérences étatiques
Le vainqueur aurait également vivement critiqué la politique économique du système Orban durant la campagne, selon Grieß. L’économie a souffert d’interventions réglementaires de l’État, notamment par des taxes spéciales ou des plafonds de prix.
Davantage d’économie de marché
Sur le plan économique, Magyar et son parti TISZA prévoient une orientation vers davantage d’économie de marché, c’est‑à‑dire plus de liberté et une meilleure prévisibilité pour les entreprises, plus de concurrence et de meilleures conditions cadre.
Parallèlement, le politicien TISZA souhaite remettre à l’épreuve la politique de subventions, précise l’experte GTAI Grieß. « Et il est opposé à toute simplification de l’immigration légale au travail. Cela pourrait peser sur les investisseurs », ajoute-t-elle.
Le déblocage des EU-Gelder se rapproche
Le thème central du politique TISZA serait de refaire de la Hongrie un État fonctionnel et de résoudre ses problèmes structurels, explique Grieß. Il s’agirait de discipline budgétaire, d’une monnaie plus stable et d’un cadre économique plus solide, tout en maintenant des taux d’intérêt bas et l’État de droit.
Si l’on parvient à faire avancer la question de l’État de droit, l’UE pourrait débloquer environ 17 milliards d’euros pour la Hongrie. Ces fonds avaient été suspendus en raison de déficits dans l’indépendance judiciaire hongroise et d’allégations de corruption.