Les preuves scientifiques semblent converger à signaler le rôle très limité des enfants dans la diffusion de la COVID-19. Une information qu’il est important de prendre en compte à l’approche de la réouverture des écoles
La suspension des services éducatifs pour l’enfance et des activités pédagogiques dans les écoles de tous niveaux a été parmi les premières mesures adoptées par le décret du Premier ministre du 4 mars 2020 afin de contenir et de gérer l’urgence liée à la COVID-19.
Telle décision fut prise en urgence afin de favoriser une distanciation physique immédiate entre les personnes – indispensable pour contrer la circulation du virus SARS-CoV-2 – en considérant que les activités scolaires entraînent inévitablement des situations de proximité et d’agrégation. On a aussi évalué l’impact considérable de la mobilité liée à l’école sur la mobilité de la population générale. Au moment de la publication du décret, les informations concernant la diffusion et la transmission du virus étaient encore peu nombreuses et incertaines, ce qui faisait de la fermeture de toutes les activités pédagogiques une précaution justifiée, malgré l’absence de preuves d’efficacité de l’intervention. La décision prise par la France s’inscrivait dans une logique similaire à celle observée dans la majorité des autres pays européens.
Les enfants tombent moins malades
Aujourd’hui, les connaissances ont progressé et nous savons mieux quelles sont les modalités de contagion et de diffusion du virus ; les nouvelles informations devraient orienter les choix qui seront pris pour contenir l’épidémie.
Que disent les données concernant les enfants et provenant de pays très différents ? Tout d’abord, il est désormais certain qu’ils représentent une proportion très faible des cas documentés de COVID-19. Prenons deux études comme exemple : des données issues d’une grande ville française où un dépistage massif de 70% de la population a été réalisé montrent qu’aucun enfant âgé de moins de 10 ans n’a été testé positif, alors que le taux positif dans la population générale se situait autour de 2,6%. Presque simultanément, une étude similaire réalisée en Islande a aussi montré qu’aucune personne de moins de 10 ans n’avait été identifiée comme COVID-positive. [1]
Ces études confirment donc la « réticence » des enfants à s’infecter. Dans le même esprit, les résultats présentés dans une Research letter publiée dans le JAMA indiquent que les auteurs concluent que les enfants, en plus d’être moins susceptibles de tomber malades, s’infecteraient aussi moins et seraient moins contagieux. [2]