Sept bagues intelligentes traduisent le langage des signes en temps réel — voici comment elles fonctionnent

Il suffit de parler à un smartphone dans n’importe quelle langue pour entendre (ou lire) la traduction quasi simultanée de ce que nous disons dans 50 langues différentes. Mais la langue des signes ? Les sourds ne disposent pas des mêmes outils pour se faire comprendre aisément, et ils ont toujours besoin d’un interprète: une étude publiée dans Science Advances a présenté l’évolution du prototype d’un dispositif, dont nous vous avions déjà parlé ici, qui pourrait aider celles et ceux qui s’expriment en langue des signes à se faire comprendre de n’importe qui, simplement en portant sept petits anneaux sur les doigts.

Sept anneaux pour se faire comprendre

Le système, à la différence d’autres dispositifs conçus dans le passé qui prévoyaient l’usage de gants ou de caméras vidéo, est léger et sans fil: il s’agit de sept anneaux légers que celui qui pratique la langue des signes doit porter sur tous les doigts, sauf le pouce et le majeur de la main gauche et l’auriculaire de la main droite.

Chacun de ces anneaux intègre un petit accéléromètre et une puce Bluetooth, capables de comprendre et de traduire en texte (pour le moment) 100 mots de la langue des signes américaine et 100 mots de la langue des signes internationale avec une précision de plus de 88%.

Dis-moi comment tu bouges, et je traduirai ce que tu dis

Chaque anneau est doté d’un accéléromètre tri-axial (le même que ceux utilisés par les smartphones et les montres intelligentes pour compter les pas ou déterminer si le téléphone est en mode portrait ou paysage), capable de reconnaître si le doigt est immobile ou en mouvement.

Lorsque la main est immobile, la gravité aide le capteur à identifier l’orientation du doigt; lorsqu’elle bouge, le capteur enregistre les variations d’accélération en temps réel. La combinaison de ces deux types de signal permet au système de reconnaître à la fois les configurations de la main et les gestes en mouvement, les deux éléments fondamentaux du langage des signes.

anelli traduttori

L’appareil est en outre suffisamment rapide pour soutenir une conversation réelle sans que celui qui parle ait à s’arrêter, à ralentir ou à énoncer les gestes de manière artificielle.

Encore un prototype

Le système n’en est encore qu’à l’état de prototype et doit être considérablement amélioré: les créateurs en sont conscients et déclarent à la revue ZME Science la nécessité d’enrichir le vocabulaire du traducteur, qui compte pour l’instant seulement 200 mots.

« Le langage des signes n’est pas une simple correspondance entre les formes de la main et les mots. C’est une langue riche et grammaticalement complexe, dans laquelle la position dans l’espace, la direction du mouvement, l’expression faciale et le contexte contribuent tous au sens », explique Kyowon Kang.

L’objectif, soulignent les auteurs, n’est pas de remplacer les interprètes de la langue des signes ou de modifier la culture des personnes sourdes, mais plutôt de les aider dans les moments où elles doivent communiquer avec quelqu’un qui ne parle pas leur langue sur le champ (par exemple avec des médecins à l’hôpital ou dans une administration publique).

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