Vaccin contre le rotavirus : quand le faire et quels sont ses bénéfices pour la santé des bébés

Avant l’introduction du vaccin contre le rotavirus, presque tous les enfants de moins de 5 ans développaient une gastro-entérite causée par ce virus. Pour beaucoup, il s’agissait simplement d’une infection gênante, mais dans une proportion non négligeable de cas, elle nécessitait une hospitalisation. Malheureusement, dans les pays à faible revenu, le rotavirus reste encore aujourd’hui l’une des principales causes de mortalité infantile, étant responsable de centaines de milliers de décès chaque année en raison d’un accès limité aux traitements de réhydratation.

Qu’est-ce que le rotavirus ?

Le rotavirus est un agent pathogène responsable de la forme la plus courante de gastro-entérite grave chez les bébés et les jeunes enfants. Il provoque une diarrhée intense, des vomissements et de la fièvre, avec un risque accru de déshydratation. Dans les pays à faible revenu, l’incapacité d’accéder rapidement à des traitements de réhydratation efficaces fait que le rotavirus est encore à l’origine d’un grand nombre de décès chaque année.

En France ou dans d’autres pays à haut revenu, le taux de mortalité dû au rotavirus est très faible, mais le virus reste une cause fréquente de passages aux urgences pédiatriques et d’hospitalisations. Chaque année, des milliers d’enfants doivent être admis en urgence ou soignés à l’hôpital à cause de cette infection. Pour les familles, cela signifie souvent des nuits passées à l’hôpital en urgence, des absences de travail, du stress et un effort constant pour assurer les soins de leur enfant.

Pour en apprendre davantage sur la nature du virus et ses symptômes, il est recommandé de consulter l’article « Rotavirus chez l’enfant : symptômes, soins et impacts ».

Vaccination contre le rotavirus chez les nourrissons ou les bébés ?

En France, le vaccin contre le rotavirus a été intégré gratuitement au Programme national de vaccination en 2018. La raison principale étant qu’il permet de réduire la gastro-entérite à rotavirus de plus de 80 % et limite presque totalement les hospitalisations liées à cette infection.

Il existe deux types de vaccins : Rotarix et Rotateq. Rotarix se prend en deux doses, Rotateq en trois. La vaccination doit impérativement être effectuée à partir de l’âge de 6 semaines (en France, la première dose doit être administrée à partir du 61e jour de vie, généralement en même temps que les autres vaccins du calendrier vaccinal pour le DTP et la pneumocoque) et doit être répétée à au moins un mois d’intervalle. La dernière dose doit être faite avant l’âge de 6 mois pour éviter tout risque de complications.

Les deux vaccins contiennent un virus vivant atténué, qui ne peut pas provoquer la maladie, et sont administrés par voie orale, en gouttes ou en suspension buvable. Contrairement à une idée reçue, ce vaccin n’est pas appelé « vaccin de la gastro-entérite » à cause de sa protection contre une forme grave de cette maladie. Il protège principalement contre le rotavirus, mais la gastro-entérite peut parfois être causée par d’autres virus non inclus dans le vaccin.

Le vaccin anti-rotavirus peut-il provoquer des effets secondaires ?

Les effets secondaires sont généralement bénins. Parmi les plus fréquents, on trouve la diarrhée (environ 1 cas sur 10), qui disparaît habituellement en peu de temps sans traitement particulier. C’est pour cette raison qu’il est conseillé de reporter la vaccination en cas de gastro-entérite en cours.

Après la vaccination, il est aussi possible que l’enfant présente :

  • de l’irritabilité ;
  • une perte d’appétit ;
  • de faibles épisodes de fièvre ou de vomissement transitoire.

Le principal effet secondaire grave, bien que très rare, est l’invagination intestinale. Le vaccin initial, Rotashield, commercialisé dans les années 1990, a été retiré en raison d’un risque accru d’invagination, une urgence chirurgicale pouvant entraîner une occlusion intestinale. Cependant, les vaccins modernes, utilisés dans le monde depuis plusieurs années, n’ont montré qu’un très faible risque supplémentaire, estimé à 1,5 cas pour 100 000 vaccins administrés.

Le vaccin contre le rotavirus peut-il se transmettre à l’adulte ?

Une mère inquiète me demande : « Si mon enfant reçoit le vaccin contre le rotavirus, est-ce que je risque d’être contaminée ? ». Je lui explique qu’il existe un petit risque de transmission aux proches dans les huit jours suivant la vaccination, car le virus atténué peut être retrouvé dans les selles de l’enfant.

Elle me demande ensuite si le virus peut également se transmettre par la salive. Je lui réponds que ce n’est pas le cas. La principale précaution à prendre est donc de bien se laver les mains après avoir changé la couche de l’enfant, et de s’attendre éventuellement à quelques épisodes de diarrhée passagers.

Le vaccin contre le rotavirus : oui ou non ?

La réponse est oui, même s’il ne fait pas partie des vaccins obligatoires en France. Dans les pays à faible revenu, cette vaccination sauve de nombreuses vies ; dans notre pays, elle permet de réduire considérablement les hospitalisations, les passages aux urgences, et limite le risque de gastro-entérite grave. Pour les jeunes enfants, c’est une protection contre une maladie pouvant entraîner une déshydratation sévère nécessitant une hospitalisation. Pour les familles, cela signifie moins de nuits passées à l’hôpital, moins de journées d’absence du travail, et moins de stress. L’Organisation mondiale de la Santé recommande cette vaccination dans le monde entier, car les bénéfices dépassent largement les risques.

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Avatar de Julie Ménard
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