Si vous avez un chien, il y a de fortes chances qu’il craigne quelque chose: peut-être l’orage, des étrangers, ou des vélos… Et même si vous appartenez aux rares personnes qui pensent avoir un chien parfaitement équilibré, sachez qu’il est très probable que, en réalité, vous ayez simplement du mal à reconnaître chez lui les signes de stress.
Ce n’est pas nous qui le disons, mais une étude du Texas A&M College of Veterinary Medicine and Biomedical Sciences, signée par la comportementaliste Bonnie Beaver, qui a analysé le comportement de plus de 43 000 chiens domestiques et découvert que la très grande majorité d’entre eux souffrent d’anxiété. L’étude est publiée dans Veterinary Research Communications.
Les chiens sans anxiété sont très rares
Basée sur les données recueillies par le Dog Aging Project, qui vise à découvrir comment faire vivre les chiens en bonne santé et longtemps, l’étude s’appuie sur une série de questionnaires sur le comportement canin: selon l’autrice de l’étude, il s’agit de données plus pertinentes que celles obtenues en laboratoire, car elles tiennent compte du comportement des chiens dans des conditions naturelles et non contrôlées.
L’analyse de la masse de données a démontré que 84% des chiens souffrent d’une forme d’anxiété liée à des situations quotidiennes: une rencontre avec des inconnus, une rencontre avec un autre chien, les intempéries…
Bien sûr, tous les chiens n’en souffrent pas au même niveau, mais presque tous présentent au moins un petit « déclencheur » qui provoque anxiété et peur. En outre, l’étude exclut toutes les peurs « apprises », par exemple celle du bain ou des visites chez le vétérinaire, et se concentre uniquement sur celles qui sont « naturelles ».
Peurs chroniques
Un autre détail important est que les déclencheurs les plus fréquents sont les inconnus, qu’ils soient humains ou à quatre zampes: deux situations que de très nombreux chiens domestiques affrontent régulièrement. Voici le vrai problème: la peur à court terme est une expérience commune à tous, humains compris, mais une rencontre répétée avec un élément effrayant peut la transformer en une condition chronique, avec des conséquences négatives sur le bien-être et la santé de l’animal.
Certaines angoisses, puis, peuvent devenir dangereuses: les chiens les plus craintifs risquent de devenir agressifs et ingérables. Le conseil est donc double: d’une part, ceux qui côtoient des chiens doivent apprendre à reconnaître même les plus petits signes de stress ou d’angoisse, avant qu’ils ne dégénèrent; d’autre part, il faut accepter que bon nombre de ces comportements nécessitent l’aide d’un professionnel, avant que l’angoisse et la peur ne deviennent incontrôlables.