Accord douanier UE–États-Unis : le Parlement européen approuve l’accord commercial sous conditions


Containerterminal Burchardkai und Eurogate in Hamburg

Accord douanier
Parlement européen approuve la mise en œuvre de l’accord commercial avec les États-Unis

État: 26/03/2026 • 13:14

Le Parlement européen a approuvé la mise en œuvre de l’accord commercial entre l’UE et les États-Unis conclu l’été dernier — mais sous certaines conditions. Le texte est désormais transmis aux ministres des États membres.

Le Parlement européen a fait avancer la mise en œuvre d’un accord commercial entre l’Union européenne et les États‑Unis signé l’été dernier: les députés ont approuvé à Bruxelles la suppression temporaire des droits de douane européens sur les produits industriels américains, tout en posant une série de conditions. Le texte législatif passe désormais en négociations avec le Conseil des 27 États membres de l’UE, composé des ministres.

La ratification a été interrompue à deux reprises

Après que le président américain Donald Trump a imposé de nouveaux tarifs douaniers sur les importations étrangères, la Commission européenne, sous la présidence d’Ursula von der Leyen, a négocié en août 2025 un accord avec les États‑Unis. En échange de l’ouverture des marchés pour les produits industriels américains, les États‑Unis se sont engagés à limiter les droits de douane sur la plupart des importations européennes à 15 %.

Au sein de l’UE, le Parlement européen et le Conseil des États membres doivent adopter ce texte par la voie législative — ce qui prend plusieurs mois. Pendant ce temps, les députés ont suspendu la ratification à deux reprises. Après avoir mis en pause leur travail en janvier pour protester contre la demande de Trump d’acheter le Groenland, le Parlement a de nouveau gelé l’accord à la mi-février.

La raison: la Cour suprême des États-Unis avait jugé illégales la plupart des tarifs imposés par Trump. Elle a ensuite annoncé l’introduction de nouveaux tarifs spéciaux. Cette décision a créé une incertitude.

Des modifications restent possibles

Actuellement, le droit spécial applicable aux importations européennes vers les États‑Unis est de 10 %. Trump a toutefois menacé de l’élever à 15 %. À cela s’ajoutent les droits de douane ordinaires, en moyenne 4,8 %, qui existaient déjà avant son mandat. Et pour les produits en acier et en aluminium, un droit spécial de 50 % est exigé.

Les députés européens veulent désormais d’abord obtenir la clarté: l’abolition des droits de douane industriels sur les produits américains au sein de l’UE ne s’appliquera que si les États‑Unis respectent pleinement leurs engagements pris en août dernier. Cela comprend le fait que le total des droits américains reste en moyenne inférieur à 15 %.

Si Trump augmente les droits à une échéance ultérieure, la Commission européenne doit annuler l’abolition. Elle doit en outre prendre fin l’accord fin mars 2028. Dans les négociations avec les 27 États membres, d’autres modifications restent possibles.

« Il faut assurer la sécurité »

La députée conservatrice Zeljana Zovko a insisté sur le fait que les États‑Unis devaient rester le premier partenaire commercial de l’UE. « Nous devons assurer la sécurité », a déclaré le président de la commission du commerce au Parlement, le social-démocrate Bernd Lange. De même, la députée des Grünen Anna Cavazzini a expliqué la démarche du Parlement: « L’accord est mauvais, mais en ces temps d’insécurité, nous avons besoin d’un plan pour notre économie. » Avec les clauses proposées par le Parlement, l’UE renforce sa position de négociation.

Le commissaire européen chargé de l’économie, Valdis Dombrovskis, avait auparavant appelé les députés à donner leur accord. « Notre crédibilité dépend du fait que nous tenons parole », a-t-il déclaré. Le vote était un « signal politique montrant que l’UE tient parole ».

L’ambassadeur des États‑Unis auprès de l’UE, Andrew Puzder, a salué le fait que le Parlement ait « pris la bonne décision pour les citoyennes et citoyens des deux côtés de l’Atlantique ». Dans les négociations qui suivront entre le Parlement et le Conseil des 27 États membres, il reste toutefois encore beaucoup à faire.

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