Adaptation au climat : on s’active davantage lorsque le désastre climatique est à nos portes

Pour impliquer la population dans les stratégies d’adaptation face aux catastrophes climatiques, il est préférable de s’appuyer sur des éléments du voisinage que tout le monde connaît bien.

Cela vous ferait agir plus rapidement face à une simple communication sur un risque d’incendie potentiel, ou sur la possibilité qu’un feu prenne dans le bosquet où vous promenez votre chien chaque jour ? Mentionner la manière dont une catastrophe climatique pourrait toucher la zone où vit une personne augmente la volonté de cette même personne de coopérer aux politiques d’adaptation.

Cela est confirmé par une étude du Centre de Recherche sur la Durabilité de la Stockholm School of Economics publiée dans Nature Human Behaviour : cette découverte pourrait contribuer à développer des stratégies de persuasion douce et à faible coût pour accroître la résilience face à la crise climatique.

Adaptation : les mots comptent

Même si de nombreux désastres climatiques ne peuvent être entièrement prévus ni évités, on peut faire beaucoup pour être préparé en cas de survenue : il s’agit de l’adaptation, thème au cœur de la COP30 récente. Pour les politiques d’adaptation structurelles dans les pays les plus vulnérables à la crise climatique, il faut de l’argent (beaucoup). Mais cela ne signifie pas que toutes les interventions, partout, doivent être complexes et coûteuses. Parfois il suffit de modifier légèrement la façon dont on communique un message pour obtenir des résultats concrets.

Expérience sur le terrain

Les scientifiques ont vérifié l’effet sur environ 13 000 propriétaires de maisons situées dans des zones à risque d’incendie en Australie, qui souhaitaient être impliqués dans un plan d’adaptation afin d’améliorer la sécurité des habitations. Ils leur ont envoyé des courriels pour encourager l’adoption de comportements protecteurs, tels que retirer les matériaux inflammables autour de leur maison, ou nettoyer régulièrement les gouttières des débris pour éviter que des braises transportées par le vent n’enflamment les toits.

Ceux qui ont reçu des messages localisés, mentionnant leur quartier, ont été deux fois plus enclins à s’informer davantage sur les mesures d’adaptation possibles que les habitants ayant reçu des communications génériques.

Interventions comportementales

«Nous savons que les menaces climatiques semblent souvent distantes et abstraites», explique Nurit Nobel, principale autrice de l’étude. «En mentionnant le quartier de résidence des personnes, la communication a transformé un risque autrement diffus et incertain en quelque chose de concret et compréhensible».

En effet, alors que l’on s’est beaucoup concentré, jusqu’à présent, sur les comportements concrets que nous pouvons adopter pour réduire les émissions de CO2 (mitigation), on n’en a pas fait autant pour préparer la population à affronter les événements climatiques extrêmes déjà en cours, tels que les incendies, les inondations éclair, les vagues de chaleur (adaptation). Or, peu de mesures clés pourraient mettre la population en sécurité et faire économiser aux gouvernements, aux propriétaires individuels et aux compagnies d’assurance une partie des coûts astronomiques liés à la reconstruction.

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