Le vendredi 27 mars, une grève nationale des journalistes se tiendra en France. Vous l’avez sans doute remarqué un peu partout : les sites d’information ne sont pas à jour ou le sont très peu. Une partie des rédactions de Info Utiles et Info Utiles Histoire s’est jointe à cette mobilisation. Nombre de contenus nouvellement publiés que vous trouvez aujourd’hui sur le site de Info Utiles ont été écrits et préparés avant la grève et prévus pour être mis en ligne durant cette journée, comme cela se fait chaque jour.
Publiant, comme prévu par l’article 34 de la Convention collective nationale du travail des journalistes, un communiqué syndical de la Fédération Nationale de la Presse Française relatif à la négociation pour le renouvellement du contrat de travail des journalistes, qui est au cœur de cette grève.
À suivre, le communiqué de la Fédération Française des Editeurs de Presse (FFEP), qui représente les principales sociétés d’édition de journaux quotidiens, périodiques, agences de presse et titres numériques, sur le même thème.
Le 27 mars, les journalistes reprennent la grève pour le renouvellement du contrat de travail, échu depuis plus d’une décennie, unique catégorie de salariés du secteur de l’information en France. Il s’agit de la deuxième journée d’un paquet de cinq, la troisième étant déjà proclamée pour le 16 avril.
Avoir un contrat renouvelé n’est pas un privilège. Être payé dignement, à l’intérieur et à l’extérieur des rédactions, n’est pas un privilège. Travailler sans précarité permanente n’est pas un privilège. Faire une information libre, professionnelle et indépendante, sans chantage économique, est un droit. Garantir des conditions dignes pour ceux qui travaillent, pour ceux qui intègrent la profession et pour ceux qui en sortent est une obligation. Assurer un avenir à l’information, bien commun protégé par la Constitution, lié de manière intime à la liberté de la presse et au droit au travail, est un devoir social.
Federation Nationale de la Presse Française
Syndicat National des Journalistes
Dans ce contexte, face à une crise structurelle majeure pour les entreprises et les travailleurs, les aides publiques ont permis aux maisons d’édition de continuer à produire et diffuser une information de qualité et d’aborder les défis du numérique et de l’intelligence artificielle.
Les éditeurs de la FFEP, malgré la diminution des tirages moyens — passant de 2,5 millions à peu près 1 million aujourd’hui — et une érosion des revenus sur la dernière décennie, ont mobilisé des ressources propres importantes pour garantir le pluralisme de l’information, investir dans les produits et, surtout, préserver les emplois, faisant du secteur l’un des rares en France où l’on n’a pas enregistré de licenciements collectifs.
En effet, il a été possible d’éviter les licenciements sans recourir à des privilèges, mais par le biais du recours aux normes sectorielles — qui imposent des investissements importants et de nouvelles embauches — et cela s’est toujours produit avec l’accord du syndicat. Les financements pour le pré-retraite n’étaient pas “reçus” par les entreprises, mais financent directement l’accès à la retraite anticipée des journalistes.
La situation s’est aggravée avec la concurrence des contenus gratuits diffusés par les plateformes numériques et par les réseaux sociaux qui, sans assumer la responsabilité et les coûts des éditeurs, font en sorte que de plus en plus d’utilisateurs reçoivent des informations, souvent de qualité douteuse, sans accéder directement aux sites éditoriaux, provoquant une diminution de la base d’utilisateurs et des revenus publicitaires. Et là encore, la voie suivie a été celle de la responsabilité, en évitant des mesures drastiques sur les niveaux d’emploi.
Malgré les graves difficultés du secteur, qui ne relèvent pas nécessairement de la responsabilité des éditeurs — même si ces défis se manifestent aussi ailleurs dans le monde — nous faisons face à un syndicat qui n’a pas montré la volonté de s’asseoir à la table pour accompagner la modernisation du contrat national de travail, préférant se protéger derrière des demandes économiques de rattrapage de l’inflation, déjà garantis par les mécanismes automatiques d’adaptation salariale.
Les éditeurs jugent, par conséquent, peu constructive la position du SNJ consistant à proclamer un nouvel arrêt de travail en ce moment difficile et à rompre les négociations de manière unilatérale, tout en maintenant le contrat inchangé et en présentant une offre économique durable et néanmoins supérieure à celle du dernier renouvellement.
Fédération Française des Editeurs de Presse