Entente après les menaces de Trump
L’UE veut mettre en œuvre l’accord douanier avec les États‑Unis dans son intégralité
Après de longues négociations et des menaces répétées du président américain Donald Trump, les représentants de l’UE se sont mis d’accord sur la mise en œuvre de l’accord douanier avec les États‑Unis. Désormais, il est notamment prévu de supprimer les droits de douane sur les biens industriels américains.
Dans l’UE, un accord a été conclu sur la mise en œuvre complète de l’accord douanier controversé avec les États‑Unis. Sous l’influence des récentes menaces du président américain Donald Trump, les représentants des États membres et du Parlement européen se sont mis d’accord au cours de la nuit, entre autres pour supprimer les droits de douane sur les biens industriels américains et pour offrir un meilleur accès au marché pour les produits de la mer et les produits agricoles américains.
Christian Feld, ARD Brüssel, zzt. Straßburg, über un Zollabkommen entre EU et USA
Mais ces avantages ne s’appliqueront que si les États‑Unis remplissent entièrement leurs engagements. Concrètement, il est prévu que les concessions douanières de l’UE puissent être suspendues en cas de manquements des États‑Unis à leurs accords. Cela pourrait notamment entraîner de nouveaux relèvements de droits de douane. Ces mécanismes de protection constituaient le principal point de discorde lors des négociations au sein de l’UE.
Auparavant, Trump avait fixé à l’UE un délai jusqu’au 4 juillet: si la mise en œuvre n’était pas décidée d’ici là, il imposerait de nouvelles surtaxes et porterait les droits de douane sur les voitures de 15 à 25 pour cent. Une telle mesure aurait frappé durement les constructeurs automobiles allemands. Après l’accord, l’UE devrait toutefois respecter ce délai.
Réactions mitigées au Parlement européen
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a exprimé l’espoir que ce chapitre tumultueux des relations transatlantiques soit maintenant clos. « Cela signifie que nous allons bientôt mettre en œuvre notre portion de l’accord commun entre l’UE et les États‑Unis, comme promis », a-t-elle déclaré sur le service en ligne X. Elle a demandé de boucler le processus de mise en œuvre des baisses tarifaires rapidement.
Le chef négociateur du Parlement européen, le politicien du SPD Bernd Lange, s’est dit satisfait malgré les concessions: « Le Parlement a obtenu, par ses exigences, un filet de sécurité global », a-t-il déclaré après la conclusion des négociations.
« Il est dans l’intérêt des deux parties de maintenir une relation transatlantique stable, prévisible et équilibrée », a déclaré Michael Damianos, ministre de l’Industrie chypriote, qui menait les négociations au nom des 27 États membres et assure actuellement la présidence du Conseil. « L’Union européenne tient ses engagements aujourd’hui », a-t-il ajouté.
Des critiques ont été émises par le chef de groupe de Left au Parlement européen, Martin Schirdewan: « Le Parlement européen se fait imposer un mauvais accord commercial avec les États‑Unis », a-t-il déclaré. Il manque selon lui la volonté politique de s’opposer à la manière dont Trump fait pression et d’appliquer l’instrument de contrainte prévu contre ces mesures coercitives.
En outre, Schirdewan a critiqué le fait que l’accord élargit les pouvoirs d’action de la Commission européenne, alors même que celle-ci aurait négocié un « mauvais accord ».
La mise en œuvre dans l’UE prend des mois
Le compromis supprime les droits européens sur les biens industriels américains, comme les automobiles et les machines. Cette suppression entrera en vigueur lors de l’adoption de la loi et se terminera le 31 décembre 2029, soit plus d’un an après les prochaines élections présidentielles américaines.
Elle constitue le cœur d’un accord que von der Leyen avait conclu en août dernier avec Trump afin d’éviter une guerre commerciale. En échange, Trump avait promis d’imposer une surtaxe maximale de 15 % sur la plupart des produits de l’UE après des menaces plus fortes.
Après ce compromis, le Parlement européen pourrait donner son accord mi‑juin et ainsi respecter le délai fixé par Trump.