L’une des théories les plus répandues sur l’extinction des dinosaures est que, lorsque l’astéroïde Chicxulub s’est écrasé sur Terre provoquant une catastrophe climatique qui balaya 75% de toutes les espèces vivantes, les dinosaures étaient déjà en déclin, et donc plus vulnérables à l’extinction elle-même.
À la veille de l’extinction. L’étude a été menée sur les populations de dinosaures qui habitaient ce qui est aujourd’hui le Nouveau-Mexique, en particulier ceux de la fameuse Formation de Kirtland. Il s’agit de fossiles datant d’une période comprise entre 66,4 et 66 millions d’années, soit exactement à l’époque de l’événement d’extinction provoqué par l’astéroïde (et par une série d’autres facteurs, mais simplifions). L’équipe a ainsi pu analyser en détail l’état de santé des dinosaures qui ont vécu l’extinction dans une zone relativement proche de l’endroit où Chicxulub a frappé la planète.
Astéroïde tueur. Les résultats de l’analyse disent une chose très simple et très claire : loin d’être en déclin, avant l’astéroïde, les dinosaures allaient très bien. Tant du point de vue quantitatif (les populations du Nouveau-Mexique sont très nombreuses) que de la biodiversité: tout le Nord‑Amérique était peuplé de dinosaures, qui vivaient en communautés distinctes et séparées les unes des autres par des facteurs climatiques. En particulier, les fameuses « bioprovinces » dans lesquelles le Nord‑Amérique était divisé étaient caractérisées par des climats (et donc des températures) différents.
Maudit astéroïde ! Pour résumer : à la veille de l’extinction, le Nouveau-Mexique (et tout le Nord-Amérique en général) était rempli de dinosaures, qui occupaient tous les habitats disponibles selon leurs besoins. Une preuve de la manière dont l’écosystème était favorable aux dinosaures se lit dans ce qui s’est passé après leur extinction : en 300 000 ans, les mammifères se sont diversifiés et ont pris leur place, tout en se répartissant toutefois selon la même division en bioprovinces qui caractérisait les dinosaures.
Catastrophe. Le climat, en somme, a continué à guider l’évolution de la vie en Amérique du Nord même après la disparition des dinosaures, et selon les mêmes règles. L’étude démontre donc que les dinosaures n’étaient pas déjà voués à l’extinction lorsque Chicxulub est tombé : leur disparition fut soudaine et inattendue, causée par une catastrophe imprévisible. En somme : qui sait comment les choses se seraient déroulées sans cet astéroïde…