AVC : une association de deux médicaments met le cerveau en état d’hibernation et protège les neurones

L’utilisation combinée de deux médicaments induit une hypothermie qui protège les neurones après un AVC. Les essais chez l’homme ouvrent la voie à une thérapie d’urgence capable de réduire les dommages neurologiques et de gagner un temps précieux pour les médecins.

Raffraîchir le cerveau protège les neurones des dégâts provoqués par l’AVC, réduisant le risque de lésions permanentes. Désormais, la combinaison de deux médicaments déjà utilisés séparément en clinique a démontré qu’elle pouvait induire, de façon sûre et maîtrisée, l’état d’hypothermie chez des souris et des macaques, limitant les dommages neurologiques liés à l’AVC.

Les deux médicaments se sont avérés sûrs et bien tolérés chez l’homme, et pourraient représenter une méthode fiable pour provoquer une hypothermie de manière sûre et contrôlée peu après un AVC, gagnant du temps utile pour les traitements. La découverte a été décrite dans Science Translational Medicine.

Froid qui protège

L’AVC ischémique survient lorsque l’obstruction d’une artère qui porte le sang au cerveau provoque le manque d’apport sanguin et d’oxygène dans une partie du cerveau. Lorsqu’on soupçonne un AVC (en raison de signaux d’alarme tels que faiblesse d’un membre, troubles visuels, paralysie ou sensations étranges d’un côté du corps, difficulté à parler, confusion), la chose la plus importante à faire est d’intervenir rapidement. La plupart des cellules cérébrales meurent si l’irrigation sanguine est interrompue pendant environ 4,5 heures.

Le « hibernation » du cerveau

L’hibernation thérapeutique dans les premières heures qui suivent un AVC ralentit le besoin en oxygène du cerveau et le conduit dans une sorte de sommeil induit qui réduit les lésions neuronales. Cependant, les méthodes non invasives et sûres pour l’obtenir sont limitées. Dans la nouvelle étude, des chercheurs de l’Université médicale capitale de Pékin ont testé les effets de l’hibernation induite par deux médicaments chez des souris et des macaques rhésus ayant subi un AVC.

Les deux médicaments (l’antipsychotique chlorpromazine, utilisé pour traiter des troubles psychiatriques tels que la schizophrénie), et la prométhazine (un sédatif hypnotique utilisé aussi contre les réactions allergiques), utilisés en combinaison et à une posologie particulière, ont induit l’hypothermie et ont réprimé le métabolisme du glucose chez les souris touchées par l’AVC, réduisant les dommages cérébraux et les complications neurologiques. Des effets similaires ont aussi été observés chez les macaques rhésus.

De la théorie à la clinique : les 32 premiers patients recrutés

Fort de ces résultats, les chercheurs ont ensuite testé la combinaison de médicaments dans un essai de phase 1 sur 32 patients, qui l’ont bien tolérée sans effets secondaires. Les analyses du plasma des patients ont montré que la combinaison avait réduit certains marqueurs métaboliques chez les patients, même si seul le dosage le plus élevé testé avait aussi réduit leur température corporelle.

Dans leur ensemble, les résultats suggèrent que, dans l’avenir, cette thérapie pourrait, avec une modulation stratégique, gagner du temps dans les situations d’urgence pour intervenir en cas d’AVC et diminuer les dommages neurologiques qui en résultent.

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