Levez la main si vous avez plus d’amis sur les réseaux sociaux que dans la vraie vie. Les relations virtuelles se nouent bien plus facilement que les liens réels. Mais ces dizaines, centaines (milliers ?) de liens évanescents font-ils plus de bien ou de mal ?
Selon une étude publiée dans Public Health Reports, le deuxième constat est que le fait d’entrer en contact avec un grand nombre d’inconnus en ligne nous ferait paradoxalement nous sentir plus seuls.
Amitiés virtuelles et solitude
L’analyse a été menée sur un échantillon représentatif de plus de 1 500 Américains âgés de 30 à 70 ans et portait sur dix réseaux sociaux — Facebook, X, Reddit, YouTube, LinkedIn, Instagram, TikTok, Snapchat, Pinterest et WhatsApp.
D’après les données recueillies via des questionnaires, il ressort que 35 % des contacts virtuels des participants étaient des personnes que jamais ils n’avaient rencontrées en personne, et que ceux qui avaient le plus d’amis sur les réseaux signalaient également des niveaux de solitude plus élevés.
La situation était différente pour ceux qui avaient des contacts avec des personnes connues aussi dans la vie réelle : dans ce cas, l’association avec la solitude s’est révélée inexistante, ce qui démontre que rester en contact virtuel avec des amis « réels » n’apporte ni bien ni mal.
Sauf toi, sauf toi, sauf toi
L’hypothèse suggérée (mais non démontrée) par les chercheurs est que la comparaison avec les autres fasse plus de mal que de bien: voir les amitiés des autres, souvent édulcorées et présentées comme plus importantes qu’elles ne le sont sur les réseaux, donne l’impression que sa propre vie sociale est plus pauvre.
« Cette idéalisation est probablement plus forte lorsque l’on pense à des étrangers, car il n’existe aucune expérience directe qui puisse la contrecarrer », commente Jessica Gorman, l’une des auteures.
Tout en tenant compte des résultats, qui confirment la vérité du dicton « peu d’amis mais des amis fidèles », il est important de rappeler qu’il s’agit d’une étude observationnelle qui met en lumière une corrélation entre deux phénomènes (solitude et liens sur les réseaux), et n’établit pas de relation de cause à effet.
Nous ne savons pas, en somme, si avoir de nombreux amis virtuels nous rend plus solitaires ou si être seul dans la vie réelle nous pousse à avoir plus d’amis en ligne.