Incidence importante de l’incertitude liée à la guerre commerciale sur les exportations de l’Union européenne vers les États-Unis en juin
Les importantes incertitudes générées par le conflit commercial ont fortement freiné en juin les exportations de l’Union européenne vers les États-Unis. Mais d’autres crises géopolitiques ont également pesé sur les exportateurs européens.
La baisse du excédent commercial de l’UE face aux États-Unis en contexte de tensions douanières
Dans le contexte du conflit douanier avec les États-Unis, le surplus commercial de l’Union européenne vis-à-vis de son principal partenaire commercial a diminué de manière significative. Selon Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne, cet excédent est tombé en juin à 9,6 milliards d’euros, contre 18,5 milliards d’euros à la même période l’année précédente. Cette chute traduit l’impact direct des tensions commerciales accrues entre l’UE et les États-Unis.
Évolution des flux commerciaux en juin
Les exportations européennes vers les États-Unis ont connu une baisse de 10,3 % en juin, atteignant 40,2 milliards d’euros, tandis que les importations en provenance des États-Unis ont augmenté de 16,4 %, pour atteindre 30,6 milliards d’euros. Cette forte hausse des importations américaines dans l’Union a accentué le recul de l’excédent commercial européen.
Les tensions douanières et leur impact sur le climat économique
Avant la signature de l’accord douanier à la fin juillet, les tarifs élevés imposés par Washington avaient déjà créé des incertitudes importantes pour les exportateurs européens. Notamment, les États-Unis avaient décidé d’appliquer un tarif de 27,5 % sur l’importation de véhicules automobiles et de pièces détachées en provenance de l’UE. Aujourd’hui, la majorité des produits européens sont soumis à un taux généralement fixé à 15 %, un compromis visant à apaiser la crise commerciale.
Une opposition vigoureuse à l’exportation
Mais même si l’on arrive à éviter une guerre commerciale totale avec la première économie mondiale, l’augmentation des droits de douane va néanmoins peser lourdement sur l’économie essentiellement orientée vers l’exportation — notamment en Allemagne. Les nouvelles taxes risquent fortement d’altérer la compétitivité des entreprises européennes sur les marchés extérieurs.
Par ailleurs, en dehors des enjeux douaniers, plusieurs crises géopolitiques qui secouent la scène internationale ont également freiné les exportations européennes. Au total, en juin, l’UE a enregistré un excédent commercial de seulement 8 milliards d’euros, contre 20,3 milliards en juin 2023 et 13 milliards en mai, témoignant d’un recul marqué de ses flux commerciaux dans un contexte global incertain.
Selon Eurostat, cette baisse de l’excédent commercial est principalement imputable à un recul dans les ventes de produits chimiques et de produits connexes. En revanche, le surplus dans le secteur des machines et véhicules a légèrement augmenté, domaine dans lequel les fabricants européens semblent avoir réussi à compenser par le développement de marchés alternatifs en dehors des États-Unis.
Conséquences pour le port de Hambourg
Ce net ralentissement des échanges avec les États-Unis se traduit également dans le port de Hambourg, le plus grand port d’Allemagne. La transformation des flux mondiaux de marchandises y est souvent révélatrice des évolutions générales. Au premier semestre, le volume de conteneurs expédiés dans le cadre du commerce avec les États-Unis a reculé de 19,3 %, s’établissant à 275 000 TEU, selon l’association des opérateurs portuaires Hamburg Port Marketing (HHM).
Cependant, le volume total de conteneurs traités par le port de Hambourg a augmenté de 9,3 % sur la même période, atteignant 4,2 millions de TEU. La croissance a principalement été portée par le commerce avec l’Asie et la région balte. Les échanges avec l’Extrême-Orient ont progressé de 10,7 %, tandis que ceux avec la région baltique — notamment avec le Danemark, la Finlande et la Pologne — ont connu une croissance spectaculaire de 20,8 %.