Une étude révèle que la mammographie de dépistage augmente drastiquement les chances de survie, même en cas de cancer métastatique, rendant possibles des traitements autrement inaccessibles.
Les femmes atteintes d’un cancer du sein métastatique détecté lors du dépistage régulier affichent un taux de survie de 60 % à 10 ans après le diagnostic — bien supérieur à celui qu’elles auraient s’elles n’avaient pas suivi les examens de prévention oncologique recommandés. Le message issu d’une étude réalisée entre Londres et le Danemark est que, même dans les formes les plus graves de cancer, lorsque la tumeur s’est propagée en dehors de son site d’origine, la mammographie peut sauver des vies, ouvrant la voie à un traitement efficace. Cette recherche a été publiée dans le JNCI (Journal of the National Cancer Institute).
Dépistage et métastases : un rendez-vous qui fait toute la différence
Le cancer du sein métastatique, ou carcinome mammaire au stade IV, est une tumeur qui s’est propagée, par les voies lymphatiques et les vaisseaux sanguins, depuis son site primaire vers d’autres parties du corps (la plupart du temps les os, le foie, les poumons et le cerveau). La recherche scientifique fait des pas de géant pour améliorer le pronostic de cette forme de cancer et, ces dernières années, l’espérance de vie d’une femme atteinte d’un cancer du sein métastatique a presque triplé.
Les chercheurs du King’s College et de la Queen Mary University de Londres, avec leurs collègues de l’Université du sud du Danemark, ont cherché à savoir si, même dans la façon dont le cancer du sein est détecté, cela pouvait influencer le taux de survie. Pour ce faire, ils ont analysé les données sur le dépistage du cancer du sein au Danemark entre 2010 et 2019, et les décès dans le même pays entre 2010 et 2022. Ils ont comparé la survie entre les femmes dont le cancer du sein a été trouvé grâce au dépistage, celles qui n’avaient jamais subi aucun examen de prévention et celles qui avaient été dépistées dans le passé mais dont la tumeur n’avait pas été détectée lors du dépistage.
Chirurgie et pronostic : la fenêtre utile pour intervenir
Pour les femmes présentant un cancer du sein à des stades inférieurs, la survie ne variait pas selon les habitudes de dépistage avant le diagnostic. L’écart s’est toutefois manifesté chez les patientes atteintes d’un cancer du sein au stade IV : pour celles qui avaient découvert la maladie justement lors d’un des examens de dépistage de routine, le pronostic ressemblait à celui des femmes atteintes d’un cancer du sein au stade III (localement avancé, mais sans dissémination à d’autres organes). Pour ces patientes, une survie à 10 ans après le diagnostic de cancer du sein métastatique était trois fois plus probable que pour d’autres femmes du même stade qui avaient découvert la maladie autrement et dans d’autres circonstances.
Chez les femmes qui n’avaient pas identifié le cancer du sein métastatique lors des dépistages, le taux de survie à 10 ans après le diagnostic était inférieur à 20 %.
Même si des études complémentaires devront éclaircir les raisons de cet effet protecteur, il a été observé que, pour les patientes qui avaient identifié la tumeur lors d’une mammographie de routine, il existait les conditions pour une intervention chirurgicale : la tumeur était disséminée, mais la propagation était suffisamment limitée pour permettre une ablation efficace en salle d’opération.
« Il est compréhensible qu’il y ait beaucoup de peur face à un diagnostic tardif de cancer, mais nos résultats rassurent sur le fait que la survie à long terme est encore possible lorsque la tumeur est identifiée lors du dépistage », déclare Amy Tickle, principale autrice de l’étude. « Notre recherche souligne l’importance des programmes de dépistage, et nous espérons que cela encouragera toutes celles et ceux qui sont invités à se présenter à leur rendez-vous ».
La prévention en France : comment accéder aux programmes gratuits
En France, le dépistage précoce du cancer du sein est destiné aux femmes de 50 à 74 ans et consiste en une mammographie à réaliser tous les 2 ans. Conformément aux dernières recommandations européennes, dans certaines régions l’examen peut être proposé à une tranche d’âge plus large, comprise entre 45 et 74 ans. En règle générale, les patientes sont informées de la possibilité de dépistage gratuit par courrier de l’Assurance Maladie (source : le Ministère de la Santé).