Ce qui se passe vraiment dans ton corps lorsque tu arrêtes de boire de l’alcool

Les bénéfices de l’abstinence à l’alcool se font déjà ressentir dès 24 heures : découvrez comment votre santé s’améliore après un jour, une semaine, un mois, ainsi que sur le long terme.

L’alcool nuit à la santé, même lorsqu’on en consomme de modérée quantité : la science n’a plus de doute à ce sujet, et il faut souvent arrêter de boire pour réaliser à quel point ses effets négatifs peuvent être importants. Se passer d’alcool peut ainsi révéler une cascade de bienfaits pour notre corps.

Inspirés par un article publié sur The Conversation, nous vous proposons une expérience : quelques jours sans bière, vin ou autres boissons alcoolisées, afin de constater concrètement les nombreux bénéfices liés à l’absence d’alcool dans notre organisme. Très vite, vous pourriez être surpris à quel point vous vous sentez mieux. Voici ce à quoi vous pouvez vous attendre, étape par étape, lorsque vous décidez de ne pas boire d’alcool.

Après un jour

Les premiers bienfaits de l’arrêt de l’alcool peuvent apparaître dès 24 heures. Vous pourriez ressentir une meilleure hydratation, car l’alcool provoque une augmentation de la fréquence des mictions, et l’organisme assimile plus rapidement l’eau que l’on consomme. En étant mieux hydraté, votre digestion s’améliore, votre niveau d’énergie se stabilise, et vos fonctions cérébrales gagnent en clarté.

Les taux de glucose dans le sang se normalisent aussi : puisque le métabolisme de l’alcool a lieu dans le foie, qui est également sollicité dans la gestion des sucres, boire de l’alcool réduit la capacité de cet organe à réguler la glycémie. En arrêtant d’en consommer, cette régulation s’améliore progressivement.

Ceux qui consomment régulièrement de l’alcool peuvent se sentir moins bien dans cette phase, en ressentant des symptômes légers de sevrage : sueurs abondantes, tremblements, troubles du sommeil et de l’humeur. Ces effets disparaissent généralement en une semaine. Cependant, les formes plus graves d’addiction doivent être prises très au sérieux : pour les gros consommateurs, il est crucial d’interrompre la consommation sous surveillance médicale et avec un accompagnement adapté.

Après une semaine

Qualité du sommeil améliorée : dès une semaine d’abstinence, on ressent souvent une nette augmentation de l’énergie. En effet, même si l’alcool possède initialement un effet sédatif, il perturbe en réalité la structure du sommeil dès les premières heures de la nuit, quand il reste encore dans le corps à des niveaux élevés. Chez les personnes qui boivent régulièrement, la quantité de sommeil profond – appelé sommeil à ondes lentes – diminue, tandis que la phase de sommeil paradoxal (REM) peut paraître plus accentuée.

Le foie, qui détoxifie l’organisme et produit la bile, facilitant le métabolisme des sucres et la digestion des graisses, commence à se régénérer après une semaine sans alcool. Il peut ainsi réparer les dommages causés par une consommation modérée mais régulière. Lorsqu’on boit de l’alcool, le foie doit le décomposer, ce qui peut l’endommager à long terme.

De plus, les boissons alcoolisées favorisent la formation de graisse dans le foie, une condition connue sous le nom de stéatose hépatique ou foie gras, associée à des lésions hépatiques, des risques tumoraux ou encore des maladies cardiovasculaires.

Après une semaine de sobriété, la santé du cerveau commence également à s’améliorer. En effet, les buveurs présentent un risque plus élevé de dommages cérébraux comparés à ceux qui ne consomment pas d’alcool.

Après un mois

L’alcool aggrave les symptômes d’anxiété et de dépression. Après plusieurs semaines d’abstinence, chaque personne peut commencer à constater les premiers effets positifs sur sa santé mentale, notamment grâce à l’amélioration de la qualité du sommeil. En effet, l’alcool complique la gestion de l’humeur, car il modifie la chimie cérébrale.

Son effet dépressif ralentit le cerveau et le système nerveux en perturbant les neurotransmetteurs, ces messagers chimiques qui régulent nos émotions et notre moral. Au début, il procure une sensation de relaxation, mais en réalité, ces altérations peuvent accentuer l’anxiété ou la dépression. Par ailleurs, l’alcool augmente temporairement la sérotonine, ce qui donne des sensations de calme passagères. Une fois cet effet dissipé, on peut se sentir irrité et anxieux.

Vous paraissez plus jeune : sans alcool, il est souvent plus facile de perdre du poids, la peau est plus hydratée et moins enflammée. Mais aussi, on “se sent plus jeune” à l’intérieur : la digestion fonctionne mieux puisqu’il n’y a plus d’effet inflammatoire sur l’estomac et les intestins, la pression artérielle diminue, et les facteurs de risque liés aux cancers ou autres maladies chroniques associés à la consommation d’alcool se réduisent.

Après six mois

Tout dommage hépatique causé par l’alcool est généralement réparé, car les cellules du foie ont eu le temps de se régénérer. Le système immunitaire, souvent affaibli chez les gros buveurs, retrouve une meilleure efficacité pour lutter contre les infections.

Après un an ou plus

L’abstinence prolongée réduit considérablement le risque de développer un cancer : une étude ayant analysé le lien entre consommation d’alcool et cancers sur plus de 4 millions de personnes a conclu que pour les buveurs modérés qui arrêtent, le risque de tumore diminue d’environ 4 %. Pour ceux qui consomment beaucoup d’alcool, passer à une consommation modérée (cinq verres par semaine pour les hommes, un pour les femmes, une unité d’alcool correspondant à une canette de bière de 33 cl ou à un verre de vin) permettrait de réduire ce risque d’environ 9 %.

En arrêtant l’alcool, vous vous protégez peut-être aussi contre l’hypertension, la cause de mortalité la plus fréquente dans le monde, et vous diminuez votre risque de maladies chroniques telles que troubles cardiovasculaires, diabète, problèmes mentaux ou cancers.

Article pensé et écrit par :
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