La France n’est pas le pays où l’obésité infantile est la plus élevée au monde mais elle est confrontée à ce problème croissant. Pour y répondre, le gouvernement a adopté en 2016 une loi visant à limiter la consommation de produits riches en sucres, en gras et en sel. Selon les résultats d’une étude publiée dans The Lancet, ces mesures semblent avoir produit les effets escomptés, en réduisant rapidement le taux de jeunes enfants en surpoids et souffrant d’obésité dans le pays.

La loi de 2016
La LEPA (Loi sur l’Étiquetage et la Publicité Alimentaire) est une loi française entrée en vigueur en 2016, considérée comme l’une des politiques alimentaires les plus ambitieuses et complètes au monde dans la lutte contre l’obésité infantile.
Elle s’articule en trois mesures principales : l’obligation d’étiquettes d’alerte sous forme d’octogone noir (voir image) sur les produits alimentaires et les boissons à forte teneur en sucre, en gras saturés, en sel ou en calories ; l’interdiction de vendre ces produits dans les établissements scolaires ; une limitation de la publicité de ces produits destinée aux enfants.
Analysant les données de plus de 300 000 enfants âgés de 4 à 6 ans et en comparaison de leur poids avant et après l’entrée en vigueur de la LEPA, les chercheurs ont constaté que, 18 mois après le lancement de la première phase de la loi, les garçons présentent un risque inférieure de 2,4 % d’être en surpoids ou obèses, et les filles de 2,9 %.
Et cela ira encore mieux
Bien que la réduction du risque puisse sembler modeste, le durcissement supplémentaire de la loi lors des phases suivantes (2 et 3, introduites en 2018 et 2019) a probablement accru l’impact, d’autant plus que les ventes des produits étiquetés ont connu une baisse plus marquée lors de la Phase 2 que lors de la Phase 1.
« C’est la première étude à démontrer de manière plausible qu’un ensemble coordonné de politiques peut réduire le risque de surpoids et d’obésité dès la petite enfance au niveau national », commente Guillermo Paraje, coordinateur de la recherche, faisant référence au succès déjà démontré de la taxe sur les sucres, qui restait toutefois une mesure isolée.